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"Des fois, impossible de se retenir": une campagne vise à rappeler qu'il est interdit de crier sur les enfants

La Fondation pour l'enfance lance une campagne contre les "violences éducatives ordinaires" et notamment le fait de crier sur ses enfants. Ce qui est interdit par la loi.

"Si je menace, c'est de mes bisous !" ou encore "Si je hurle, c'est de joie !": vous allez bientôt retrouver ces slogans sur les panneaux d'affichage des villes.

La Fondation pour l'enfance lance une campagne contre les "violences éducatives ordinaires", à savoir les violences physiques, comme la claque ou la fessée, mais aussi les violences psychologiques ou verbales, ce qui concerne donc, entre autres, le fait de crier sur ses enfants. 

Ces violences sont interdites depuis 2019 par la loi, une interdiction qui n'est que trop peu respectée estime la Fondation pour l'enfance. Un tiers des parents (33%) ignorent en effet qu'elles sont interdites par la loi, selon une étude réalisée par Mpedia, le site grand public de soutien à la parentalité de l’Association française de pédiatrie ambulatoire.

Si de nombreux parents cherchent à éviter les éclats de voix et les tensions, ce n'est pas toujours facile de garder son calme dans toutes les situations, comme nous l'avons constaté auprès de plusieurs parents à Paris.

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"Des fois on est obligés de crier mais les premiers qui souffrent quand on crie c'est nous"

Ne pas crier et ne pas menacer, c'est une très belle idée pour Audrey ou encore Belkacem, mais dans la pratique, c'est compliqué:

"Un enfant ça fonctionne super bien. Mais deux voire trois c'est déjà beaucoup plus compliqué. Des fois on est obligés de crier mais les premiers qui souffrent quand on crie c'est nous."

En route pour la bibliothèque avec ses deux filles de 7 et 10 ans, Laurence connaît bien le sujet. Son dernier exemple est tout frais.

"Ce matin j'ai aînée qui a jeté une chaussure sur la tête de sa soeur. J'ai crié Stop, je pense que c'est impossible de ne jamais crier."

Alors Laurence trouve la campagne un peu maladroite.

"Ca me parait très culpabilisant pour les parents aussi alors que dans l'ensemble tout ce qu'on veut c'est le bien-être de nos enfants."

"Il faut essayer d'anticiper les choses"

Culpabiliser n'est pourtant pas l'objectif, assure la psychologue Clémence Prompsy, qui travaille avec la Fondation pour l'enfance.

"Le but de cette campagne c'est de se dire qu'on est tous dans la même galère. Je suis maman et la première à dire que des fois je suis nulle."

Crier reste dangereux pour l'unité de la famille, explique la psychologue, qui a des alternatives.

"Il faut essayer d'anticiper les choses: évitez les phrases négatives, donnez plutôt des consignes, des missions, des choses positives de manière très imagée."

Si les cris arrivent malgré tout, Clémence Prompsy le rappelle : il faut en discuter calmement plus tard avec l'enfant.

Aymeric Dantreuille (avec J.A.)