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Enfants sourds menacés de perdre leurs interprètes: le financement prolongé jusqu’en juin

Le financement de l’accompagnement d’élèves sourds du Calvados a été prolongé jusqu’en juin par la région et le département. Mais l’Etat est appelé à prendre ses responsabilités pour trouver une solution pour la prochaine année scolaire.

Menacés de perdre leurs interprètes faute de financement, des enfants sourds du Calvados seront finalement bien accompagnés jusqu’à la fin de cette année scolaire. Ces enfants, souvent appareillés, lisent sur les lèvres mais ont besoin d’aide pour différencier certains sons. Un codeur les aide, en faisant des signes pour identifier les différentes syllabes…

A Caen, c’est une association, l’Apedac, qui emploie ces codeurs. Elle vit grâce aux subventions de la région et du département. Mais tous deux voulaient y mettre un terme en cette fin d'année 2022, privant les enfants de leurs codeurs en plein milieu de leur scolarité. C’était sans compter sur "RMC s’engage pour vous".

Lors de notre premier reportage, nous avions obtenu le prolongement du financement de la région jusqu'en juin prochain. Et depuis, le département a suivi. Il débloque 70.000 euros pour l’Apedac et les 18 enfants sourds qu'elle accompagne, comme Ewan, en classe de seconde. Sa maman, Muriel, est rassurée: "On a été très soulagés. Il était très content, il va pouvoir continuer à bien apprendre en classe et continuer sa scolarité normalement".

Une super nouvelle, mais que se passera-t-il à la fin de l’année scolaire ? C’est tout le problème… Le département du Calvados a déjà dit qu’il ne pourrait pas faire plus après le mois de juin. C’est la dernière fois qu’il aide l’association… Il explique que depuis 2015, le handicap est une compétence de l’Etat et qu’il ne peut plus s’y substituer.

"Il va falloir que l’Etat prenne ses responsabilités et trouve une solution pérenne"

Donc si rien n’est fait, dans six mois, l’association n’aura plus le financement nécessaire pour les codeurs. Muriel est très inquiète: "Il va falloir que l’Etat prenne ses responsabilités et trouve une solution pérenne, et que d’autres enfants puissent bénéficier d’un accompagnement".

L’association continue donc de se battre. Sa présidente, Agnès Valette, a reçu le soutien du cabinet de Brigitte Macron et du ministre de l’Education nationale Pap Ndiaye. Et elle travaille aujourd’hui avec la directrice d’académie de Normandie et l’Agence régionale de Santé. "On a eu l’impression qu’on était écouté et compris, explique Agnès Valette. La directrice d’académie nous a dit qu’elle n’avait pas de solution là mais qu’elle allait travailler très fort pour en trouver une."

L’Apedac a un nouveau rendez-vous avec la directrice d’académie le 30 janvier, afin de discuter des pistes envisagées pour garantir le suivi des enfants sourds.

Joanna Chabas