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Enseignement: 4.000 postes non pourvus, les parents d'élèves craignent une pénurie de profs

Après les concours enseignants, près de 4.000 postes restent à pourvoir. Si l'Education nationale reste confiante, les parents d'élèves craignent une pénurie d'enseignants à la rentrée.

Écoles cherchent désespérément enseignants. Cette année, plus de 4.000 postes n'ont pas été pourvus aux concours enseignants, a indiqué le ministre de l'Education nationale Pap Ndiaye sur France Inter.

Une crise qui inquiète parents et syndicats et qui n'est pas nouvelle. Car déjà cette année, Margaux, Parisienne et mère de 2 enfants, a subi la pénurie de professeurs. "Aucune des absences des enseignants, ni en CM2 ni en CE2, n’a été remplacée. On a pu perdre jusqu’à six semaines en CM2. C’était préoccupant pour nous puisque c’est une année importante", déplore-t-elle au micro de RMC.

Alors faute de remplaçant, les parents ont fait l'école à la maison. D'autres établissements ont recours à des contractuels. Ce qui inquiète Céline, mère d'une petite fille. "Cela veut dire que demain, je peux peut-être revoir ma copie et me dire: 'Si je veut devenir enseignante et est-ce que moi, si je fais plein de fautes d’orthographe, on va me recruter parce qu’on manque d’enseignants'?", ironise-t-elle, inquiète.

Pap Ndiaye pas inquiet

Son inquiétude est justifiée, assure Elisabeth Kutas, du syndicat enseignant SNUIPP FSU Paris: "La réussite et l’émancipation des élèves, ça passe par l’application des programmes mais aussi par des gestes professionnels, construits et réfléchis ainsi que par toute notre expertise enseignante qui ne s’invente pas". Les syndicats réclament l'ouverture de listes complémentaires, avec le repêchage des candidats qui ont échoué au concours.

C'est notamment ce qu'a fait l'académie de Versailles, la plus déficitaire: 252 professeurs des écoles, recalés dans un premier temps, ont été repêchés.

Mais l'évolution d'une année à l'autre est vertigineuse. Au niveau national, le taux de postes pourvus dans le premier degré public est de 83,1 % alors qu’il était de 94,7 % en 2021. Pour les collèges et lycées, le taux de couverture, hors listes complémentaires, se situe à 83,4 % pour la présente session alors qu’il était de 94,1 % en 2021. Malgré la pénurie, le ministre de l'Éducation nationale Pap Ndiaye l'assure: il y aura un professeur devant chaque classe à la rentrée.

Amandine Réaux (avec G.D.)