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"Il fallait vraiment les occuper au maximum": pendant le premier confinement, les enfants ont passé 2h45 par jour devant les écrans

Ce n'est pas une surprise, mais le temps passé devant les écrans par les enfants, durant le premier confinement, a augmenté. Résultat d'une étude de l'Institut national d'études démographiques (Ined) publiée ce jeudi matin.

Le premier confinement du printemps 2020 a conduit à la fermeture des écoles et à la suspension des activités hors domicile. Assez logiquement, selon cette étude, en dehors du travail scolaire, les enfants ont consacré en moyenne 2h45 par jour aux écrans sous toutes leurs formes: télévision, jeux vidéo, réseaux sociaux.

Les écrans ont même représenté plus de deux tiers du temps total de loisir pour plus d'un enfant sur 10. Et vivre en appartement a augmenté le risque d'être un gros consommateur d'écrans.

"Les pauvres, elles étaient enfermées à la maison"

Pour les parents, se pose désormais la question du retour à la normale. Et c'est plus facile à dire qu'à faire. Karine, maman de deux filles de 10 et 13 ans, le reconnait. Pendant le premier confinement, elle a cédé sur la question des écrans: "Les pauvres, elles étaient enfermées à la maison donc il fallait vraiment les occuper au maximum".

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Aujourd'hui cette mère de famille aimerait faire machine arrière mais "c’est toujours un peu compliqué de freiner. C’est pas instinctif", justifie-t-elle. Surtout que pour les enfants non plus ce n'est pas drôle de renoncer aux écrans: "Il y a plein de dessins animés que j’aime bien". Naïla, 6 ans, n'accepte pas toujours très bien les consignes de ses parents: "Parfois je suis très fâchée. J’arrive à me contrôler et je dis à maman que c’est d’accord, c’est terminé. Mais je suis quand même un peu fâchée".

"Il faut accepter la frustration qu’on va donner à ses enfants"

La surconsommation d'écran pendant les périodes de confinement a créé des habitudes qui perdurent. Justine Atlan, directrice générale de l'association e-enfance, en fait le constat. Mais elle est formelle: il ne faut pas avoir peur de dire stop aux enfants.

"Il faut accepter la frustration qu’on va donner à ses enfants. C’est normal qu’ils crient, pleurent et ne soient pas contents quand on leur enlève un objet de plaisir. Mais si on arrive à résister un peu, au bout de quelques jours, il va s’arrêter parce qu’il verra que ça ne fonctionne pas tout simplement".

Et Justine Atlan d'ajouter: "Si les adultes font aussi des efforts pour passer moins de temps devant les écrans, les enfants comprendront d'autant mieux leur décision".

Benoit Ballet (avec C.P.)