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"Il y a 23 vies qui en dépendent": un entrepreneur de Seine-Saint-Denis dénonce la préfecture qui bloque le recrutement de jeunes migrants

Après un premier refus, il accuse le nouveau préfet de de freiner la délivrance des autorisations de travail pour cette vingtaine de migrants.

Un patron de Seine-Saint-Denis reproche au préfet de bloquer le recrutement de jeunes migrants. Face au manque de main d'œuvre dans son entreprise de BTP, Francis Dubrac veut embaucher 23 jeunes mineurs isolés en apprentissage.

Après un premier refus, il accuse le nouveau préfet de freiner la délivrance des autorisations de travail pour cette vingtaine de migrants. Les migrants de moins de 18 ans sont logés par l'Etat, ont le droit de travailler en alternance et doivent trouver un contrat avant leurs 18 ans pour que l'Etat continue à les prendre en charge. 

Posté fièrement devant son petit empire, une entreprise de BTP quasi-centenaire au cœur des cités, Francis Dubrac ne comprend pas. La préfecture ne lui a pas encore délivré les autorisations de travail pour les 23 jeunes migrants qui devaient commencer leur alternance il y a 10 jours.

"Alors qu’on a la chance d’avoir d’être dans un département en plein développement économique, avec les chantiers du Grands paris express et des JO 2024 qui embauchent à tout-va, on ne peut pas profiter de cette main d’œuvre qui a envie de travailler. Je suis assez triste. Il n’y a qu’en Seine-Saint-Denis que ça ne marche pas. Ça doit être le préfet qui bloque, c’est un comble", dénonce-t-il. 

Des démarches pas faites correctement selon la préfecture

Ses 23 "petits gars", comme il dit, attendent, dans leurs chambres d'hôtels comme Sagata, 17 ans, du Mali. "Si je n’ai pas de travail, je ne pourrai plus dormir ici. Je n’aurais rien. On espère que la situation se débloque pour pouvoir travailler et avoir une meilleure vie", indique ce dernier. 

Francis Dubrac a l'impression que le nouveau préfet de Seine-Saint-Denis fait preuve de mauvaise volonté. 

"Il n’y a même pas à poser la question, c’est le droit si le dossier est clair. Il n’y a rien de plus simple qu’un coup de cachet sur une feuille. Il y a 23 jeunes, 23 vies qui en dépendent", ajoute-t-il. 

La préfecture estime que les démarches n'ont pas été faites correctement et dit que "les dossiers seront instruits loyalement s'ils sont loyalement déposés".

Nicolas Traino et Garence Munoz avec Guillaume Descours