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Jusqu'à 500 euros pour 600.000 jeunes: Emmanuel Macron dévoile les contours de son "contrat engagement jeune"

Un revenu minimum dès 18 ans: après un face à face tendu en direct sur RMC, le débat tourne court à l'Assemblée

Un revenu minimum dès 18 ans: après un face à face tendu en direct sur RMC, le débat tourne court à l'Assemblée - afp

Les jeunes sans emploi, sans formation et sans ressources de 16 à 25 ans, pourront s'engager avec l'Etat et recevoir une allocation de 500 euros maximum. Sous certaines conditions.

Ne dites plus revenu d'engagement, mais bien "contrat d'engagement jeune", un dispositif centré sur les jeunes sans emploi, sans formation, et sans aucune ressource, âgés d'entre 16 et 25 ans. Le dispositif promis par Emmanuel Macron lors de son allocution du 12 juillet dernier, a été dévoilé ce mardi matin par le chef de l'Etat et Jean Castex.

Et en signant ce contrat avec l'Etat, ils vont s'engager à suivre une formation, à rechercher un emploi, à effectuer des stages ou immersions en entreprises. En contrepartie, ces jeunes toucheront une allocation de 500 euros maximum par mois, pendant 12 mois. 

Le versement de cette aide n'est donc pas automatique, il reste conditionné au respect de ce contrat, sous l'égide de Pôle Emploi ou d'une Mission Locale: "On n’est pas sur un revenu qui se verse automatiquement. On est sur un contrat entre le jeune concerné et l’Etat et l’on attend qu’un engagement soit tenu", renchérit au micro de RMC Jean-François Mbaye, député La République en Marche.

Entre 500 et 600.000 jeunes concernés

Les premiers contrats d'engagement seront signés le 1er mars 2022. Entre 500 et 600.000 jeunes sont concernés, et non plus le million prévu à l'origine, puisqu'après un bras de fer entre ministère du Travail et ministère de l'Economie, il n'est plus question de rendre éligible les travailleurs précaires ou les étudiants.

Et c'est là que le bât blesse: "On continue de rendre les choses complexes. Le gouvernement voit bien les files d'attente s'allonger devant les distributions alimentaires et demande à sa bureaucratie d'inventer un dispositif pour amener un semblant de réponse mais ne prend pas la jeunesse au sérieux", déplore Aurélien Taché, député écologiste du Val-de-Marne. "Il n'y a pas d'âge pour galérer et pour être pauvre. La seule réponse valable, c'est l'ouverture d'un droit accessible à tous dès 18 ans", plaide l'élu.

"Emmanuel Macron peut mieux faire", renchérit ce mardi sur RMC Mélanie Luce, la présidente de l'Unef, l'Union nationale des étudiants de France. "À l'origine, on voulait toucher 1 million de jeunes. Là on est sur 500 à 600 000. Les objectifs sont très restreints. Et ce n'est pas le RSA. Les jeunes sans rien, sans formation, sans emploi, ils attendent. On ne comprend pas pq on est majeure légalement mais socialement on nous dit: 'Tu es trop jeune pour bénéficier des mêmes droits sociaux que les autres'. Le RSA est une protection qui a minima nous permet, nous garantit, un minimum de financement", ajoute-t-elle.

"Il y a une volonté de faire des économies. Un revenu d'engagement coûte moins cher que le RSA. Le sentiment que l'on a, c'est que l'on ne nous fait pas confiance. On est dans un système de contrôle", conclu-t-elle.

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Paul Barcelonne (avec Guillaume Dussourt)