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Le bio en (large) progression chez les jeunes

"CA VOUS CONCERNE" - C’est en ce moment le congrès mondial de l’agriculture biologique, pour la 1ere fois il a lieu en France, à Rennes, jusqu’à vendredi.

Le bio qui gagne du terrain et séduit de plus en plus les jeunes. 68% des 18-24 ans se disent attachés au bio, un chiffre en constante augmentation. Avec la crise sanitaire et les confinements, on est beaucoup à avoir pris le goût de cuisiner, et surtout de cuisiner de bonnes choses, des choses saines pour la santé et pour la planète. Rien que cette année le nombre de consommateurs bio a augmenté de 15%.

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Je ne vous parle pas d’un effet de mode pour les bobos, même des personnes avec un faible pouvoir d’achat s’y mettent. Le bio est souvent cher, et c’est un problème. Mais quand on consomme bio, on a tendance à changer nos pratiques, à acheter plus en vrac, moins de viande, plus de fruits et légumes de saison, à privilégier la vente directe, ce qui au final fait baisser le prix du panier.

La France est un très bon élève pour le bio. Troisième marché mondial, derrière l’Allemagne et les Etats-Unis, sixième producteur au monde. Près de 12% des producteurs français se sont mis au bio.

Mieux payer les agriculteurs qui produisent du bio?

Il y a encore une grosse marge de progression en France, mais aussi dans le monde. Dans le monde, l'agriculture bio ne représente qu’1,5% des terres agricoles. La moitié des superficies en bio se trouve en Australie.

En Europe, le but est d’arriver à 25% des surfaces cultivées en bio d’ici 2030. Mais ce n’est pas si simple de passer de l’agriculture traditionnelle à l’agriculture bio. Un des gros problèmes pour passer au bio, c’est la lutte contre les maladies et les nouveaux ravageurs, sans utiliser de produits polluants.

Pour ça, il va falloir innover et mieux payer les agriculteurs. Une des idées sur la table européenne serait la mise en place d’une “aide pour service rendu”. On part du principe que l’agriculture bio joue un rôle dans la lutte contre le changement climatique, qu’elle permet de nourrir la planète sans la dégrader parce que les cultures sont plus diversifiées que dans l’agriculture traditionnelle, et qu’il y a aussi davantage de captation de carbone dans les sols cultivés en bio. À ce titre, l’agriculteur devrait avoir droit à une compensation.

Géraldine de Mori