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Les profs français plus chahutés: "Ils n'ont pas de formation, ils sont jetés dans le grand bain sans savoir nager"

Les enseignants français pâtissent d'un manque de formation continue comparé à leurs collègues d'autres pays: moins formés dans la gestion de la classe et des comportements perturbateurs des élèves, ils sont aussi plus nombreux à signaler des problèmes de discipline.

Rappeler à l'ordre, demander le silence, confisquer le téléphone portable, les jeunes professeurs français peinent à faire régner la discipline dans leur classe. C'est ce qui ressort du rapport Talis, l'enquête internationale de l’OCDE, qui a été publiée mercredi, une étude qui compare tous les cinq ans les systèmes éducatifs d'une cinquantaine de pays.

Et les enseignants moins expérimentés sont les plus touchés. Sur toute l'année, ils perdent en moyenne 11 jours de cours à cause des nombreux rappels à l'ordre en classe.

Morgane était dans cette situation quand elle a donné son premier cours de français il y a 4 ans: "Je me suis retrouvée devant les élèves le 2 septembre, je n'avais jamais eu d'élèves, je ne savais pas comment on faisait".

"Avoir le silence, c'est un combat très régulier"

Professeure dans un collège en Seine-Saint-Denis, dans ses cours elle perd en moyenne 10 à 15 minutes à recadrer ses élèves: "Des prises de bec où il faut argumenter ou simplement leur dire de se taire, mais ils ont déjà toujours une bonne excuse. Avoir le silence, c'est un combat très régulier. On nous forme sur la didactique, la manière d'enseigner le français, sur le fait de faire des groupes, tout cela n'est possible qu'une fois qu'on a maîtrisé la gestion d'une classe".

Comme Morgane, un enseignant sur 7 en France exprime un fort besoin de formation en gestion de classe. Karine Tremblay est la responsable du projet Talis à l’OCDE: "Seulement 55% des enseignants en France reçoivent ce type de contenus, on a 19% du corps enseignant qui n'a jamais reçu de formation. Ils sont jetés dans le grand bain sans savoir nager".

Autre problème, pour leur première expérience, bien souvent les jeunes enseignants se retrouvent dans des lycées en zones défavorisées.

Margaux Bédé avec Paulina Benavente