RMC

Lycée amianté à Villeneuve-le-Roi: "Il y a 3.000 mètres carrés d'amiante d'isolation, on ne se sent pas en sécurité"

Depuis une semaine, les professeurs du lycée de Villeneuve-le-Roi dans la Val-de-Marne exercent leur droit de retrait. En cause, l'amiante qui sert à isoler l'établissement.

Pas d'amiante dans les écoles. C'est le cri lancé par l'Andeva, l'Association nationale des victimes de l'amiante, qui organise sa manifestation annuelle ce vendredi à Paris. 85% des établissements scolaires sur le territoire ont au moins un bâtiment construit avant 1997, date à laquelle l'amiante a été interdite en France. Autre chiffre: un tiers des écoles primaires n’ont pas fait de diagnostic technique amiante, un document pourtant obligatoire.

Au lycée Georges Brassens de Villeneuve-le-Roi dans le Val-de-Marne, les professeurs refusent de travailler. Après un incendie suivi d'une inondation d'origine inconnue qui a, selon eux, potentiellement répandu des particules, ils ont exercé leur droit de retrait.

Le risque est trop grand pour Raphaëlle, professeur d'anglais: "Il y a 3.000 mètres carrés d'amiante dans les sous-plafonds et on ne sait rien. On ne se sent pas en sécurité, on ne sait pas ce qui peut se produire d'ici demain".

"On a l'impression qu'on nous cache quelque chose"

Les parents d'élèves, eux, soutiennent la mobilisation. Pour Patrick, 47 ans, lui aussi passé par le lycée George Brassens, hors de question que son fils reprenne les cours dans ces conditions: "On a l'impression que l'on nous cache quelque chose, que la vérité n'est pas dite. Il faut que la vérité éclate parce que la santé de nos enfants doit être prioritaire".

Une seule fibre d'amiante peut suffire à contracter un cancer. Ambre, 16 ans, élève de seconde ne cache pas ses craintes: "On peut développer une maladie beaucoup plus tard et du coup ça pourra gâcher notre vie".

Rectorat et région assurent pourtant qu'il n'y pas de danger immédiat. Le lycée sera désamianté. En attendant d'investir les préfabriqués après les vacances de la Toussaint, les enseignants poursuivent leur mouvement

Sophie Paolini (avec P.B.)