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Nouveau proviseur, vidéo-surveillance… la situation s'est-elle réellement améliorée au lycée Gallieni de Toulouse?

Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer revient au lycée Gallieni de Toulouse, ce vendredi. Un lycée en "état de guerre", comme il a été qualifié. Ses professeurs ont longtemps été victimes de multiples agressions et menaces de la part de certains élèves. RMC y est retournée avant la visite du ministre.

Il a été décrit comme un lycée en état de guerre. Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, revient ce vendredi dans le lycée Gallieni de Toulouse, situé en plein quartier du Mirail, plus d'un mois après avoir promis "une équipe de choc" pour tenter d'enrayer la vague d'agressions et de menaces dont sont victimes les professeurs qui y officient, et qui avaient publiquement tiré le signal d'alarme. Incivilités, bagarres, agressions, départs de feux de poubelles... Rien n'a été épargné durant plusieurs semaines aux enseignants et aux surveillants.

"On se sent mieux, mais…"

RMC est retournée prendre la température dans le lycée, juste avant la visite du ministre Blanquer. Un nouveau proviseur a été nommé, et quelques améliorations ont été apportées dans l'urgence: de nouveaux surveillants sont arrivés et des moyens de vidéo-surveillance ont été installés dans le lycée. De quoi rassurer les élèves. "On se sent mieux, ce n'est plus comme avant. Les surveillants sont plus durs", note cet élève. "Depuis qu'il y a les caméras ça s'est calmé, mais tout n'est pas réglé car il y a encore des intrusions", nuance celle-ci. "Je sais qu'il y a un nouveau proviseur mais on ne l'a jamais vu encore, on ne sait pas à quoi il ressemble, on ne connaît même pas son nom", regrette cet autre élève.

"Ça peut repartir"

A la demande du ministre, ce nouveau proviseur doit "rétablir les valeurs républicaines". "Un nouveau proviseur, ce n’est pas suffisant", insiste Stéphane Dorbes, enseignant au lycée Gallieni. "Si seule la direction change, c'est très insuffisant pour résoudre les problèmes. Car le fond du problème est lié au recrutement" d’élèves qui viennent de quartiers difficiles et qui sont à l’origine de cette violence dans cet établissement, selon le personnel.

Mais Nicolas Tournier, enseignant, représentant Force Ouvrière veut garder espoir. "On sent que les élèves qui posaient problème et étaient très actifs se font un peu discrets parce qu'ils sentent que l'établissement est observé. Mais on sent que la situation n'est pas stabilisée et que ça peut repartir une fois qu'il y aura moins de visibilité sur le lycée". Loin des micros et caméras, le ministre évoquera ce matin tous ces problèmes en salle des professeurs après avoir participé à un conseil d’administration exceptionnel de l’établissement. 

P. G. avec J-W. Forquès