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Nuit de la lecture: redonner aux jeunes le plaisir de lire

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La deuxième édition de la Nuit de la lecture se tient ce samedi partout en France. À cette occasion, bibliothèques et librairies proposent plus de 3 500 événements. Un bon moyen pour tenter de réconcilier les jeunes et les livres.

Toute la journée et toute la soirée ce samedi, les Français sont invités à venir découvrir des lectures musicales, des spectacles de théâtre, des lectures en pyjama, sous la couette ou à la lampe de poche, des expositions, des projections de films, des jeux autour du livre et de la lecture, des conférences, des dégustations littéraires mais aussi, des rencontres avec des écrivains, des illustrateurs ou encore, des conteurs.

L'un des objectifs de cette manifestation: renforcer les passerelles entre le milieu éducatif et le monde de la bibliothèque et de la librairie. En 2017, la première édition avait rassemblé 250 000 personnes.

"C’est trop long, c’est des livres de 500 pages !"

Mais redonner le plaisir de lire aux jeunes générations est un sacré défi. Car les lectures imposées en cours ne laissent pas forcément de très bons souvenirs aux élèves… Depuis qu'il est au collège, Yassine n'a pas lu le moindre livre imposé en cours et il assume, "c’est trop long, les livres font 500 pages !"

Alice, qui est en terminale, n'a pas non plus de bons souvenirs de lecture.

"On a dû lire beaucoup de Zola pour le bac de français, Balzac aussi. Ce sont des livres super longs avec beaucoup de descriptions. C’était vraiment vieux, avec des expressions qu’on utilise pas du tout aujourd'hui. J’ai vite abandonné. Du coup, quand le contrôle arrivait, je lisais un résumé sur Wikipédia !"

"La Nuit de la lecture sera une fête collective"

Pour éviter que les élèves se découragent ou lisent en diagonale, les professeurs s'adaptent, comme Sophie Audoubet, qui enseigne au lycée Voltaire.

"Oui, on peut vraiment lire en classe. Si je ressens qu’ils ont besoin d’être accompagnés, on va le lire ensemble, pour que ça ait du sens. Je ne vais pas donner une œuvre à lire et leur dire, voilà, débrouillez-vous les enfants ! Pour qu’au final, personne n’ait rien compris. Non, je ne vois pas l’intérêt".

Pour plus de modernité, elle fait aussi lire à ses élèves des romans graphiques, qui intègrent la bande dessinée. Avec des auteurs comme Marjane Satrapi ou Riad Sattouf.

Christine Carrier est la directrice de la Bibliothèque Publique d'Information, un des nombreux établissements qui participe ce samedi, à la Nuit de la lecture. 

"Organiser une Nuit de la lecture pour pouvoir faire lire le maximum de monde que l’on soit grand ou petit, me semble être une initiative très importante dans la vie que l’on mène. Avec tous nos outils technologiques, à un moment donné, on ne prend plus le temps d’écouter et de lire alors que c’est d’une grande richesse et que ça apporte énormément de joie. Je pense que la Nuit de la lecture sera une fête collective".
Benjamin Smadja (avec C.P.)