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"On a adapté la formation": comment le racisme est devenu une question centrale dans l'éducation des policiers

Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, a réagi ce matin sur RMC. Pour lui, les autorités ont tout intérêt à être totalement transparentes.

Les policiers sont au sein de toutes les attentions. Depuis quelques jours, la question du racisme dans la police est devenue une question majeure. En effet, la mort de Georges Floyd aux Etats-Unis, tué par un policier blanc, a trouvé un écho en France, notamment à travers l’affaire Adama Traoré.

Alors la police est-elle raciste ? De nombreux syndicats ont pris la parole pour défendre les policiers la semaine dernière tout en admettant qu’il pouvait y avoir, comme partout, des comportements déviants. 

Pour Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT, il est primordial d’insister sur la formation des policiers. 

“Ils font un travail extraordinairement difficile et il faut les aider pour faire ça. Moi, je crois qu’on combattra le racisme, qu’avec la police et qu’avec les policiers. Et aujourd’hui la police, les jeunes gardiens de la paix, je crois que leur formation a été adaptée. Il y a 20 ans, les formations que nous nous faisons dans toutes les écoles de police et de gendarmerie, elles n’existaient pas. Moi je vais à Montbéliard, à Toulouse, à Sens, pour parler aux jeunes policiers de racisme, d'antisémitisme”, explique-t-il. 

Des sanctions adaptées ?

Il assure que pendant ces formations, il insiste sur la nécessité d’exemplarité pour les forces de l’ordre. 

“Ils ont eux l’exercice de la force publique, ils ont ce monopole-là, et donc il y a un très haut niveau d’exigence à leur égard. Et donc un policier ou un gendarme qui se livrerait à des actes de violences volontaires ou à des propos racistes, il jette l'opprobre sur l’ensemble de la profession et de ses collègues. Il faut qu’ils en soient parfaitement conscients et je crois que c’est le cas de la grande majorité. Et il faut aussi qu’ils aient les bons réflexes parce que dans certaines manifestations, quand vous êtes en intervention ce n’est pas toujours facile”, assure-t-il. 

Dans une tribune publiée dans le JDD, le député LREM d'Ille-et-Vilaine Florian Bachelier et l’avocat Maître Eric Dupont-Moretti ont demandé de rendre publiques “d'urgence les sanctions aux manquements”. Pour Frédéric Potier, il faut qu’il y ait un maximum de transparence. 

“Comme pour tous les fonctionnaires, la sanction est proportionnelle à l’acte. Et ça peut être soit une sanction hiérarchique soit une sanction judiciaire. Un chiffre très intéressant, c’est le nombre de saisines de l’IGPN, je crois que c’était 868 cette année. Ca montre bien qu’il y a une instance de contrôle, qu’il y a des contres-pouvoirs au sein même de la police”, assure-t-il. 

Samedi, plus de 23.000 manifestants ont défilé en France contre les violences policières, dont 5500 à Paris.

Guillaume Descours