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"On aimerait vivre normalement sans se soucier de savoir si on va réussir à payer notre loyer": les étudiants manifestent contre la précarité après le drame de Lyon

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Les étudiants se mobilisent contre le coût de la vie étudiante alors que les bourses ne suffisent pas. La semaine dernière, un jeune homme de 22 ans qui dénonçait les conditions dans lesquelles il devait faire ses études, s'est immolé devant un restaurant universitaire lyonnais.

Deux syndicats appellent à manifester ce mardi pour dénoncer la précarité à l'université. Quarante rassemblements sont prévus, quelques jours après le drame de Lyon où un homme de 22 ans a été grièvement brûlé après s’être immolé devant un centre CROUS. Avant de commettre ce geste, il avait écrit un texte sur les réseaux sociaux pour dénoncer les conditions dans lesquelles il devait faire ses études.

Ce geste a beaucoup ému Zakaria, 21 ans, étudiant à Paris et en difficulté face à la hausse du coût de la vie étudiante, malgré la bourse qu’il touche: "300 euros et ça ne me suffit absolument pas. Je travaille à côté dans l’informatique et sans taff à côté c’est extrêmement compliqué de s’en sortir sans bourse, surtout qu’on vit à Paris et que c’est extrêmement cher", assure-t-il à RMC.*

Création d'un salaire étudiant

La précarité est un stress quotidien pour Sarah, en master. Obligée dit-elle de jeter tous les jours un œil à son compte en banque: "On aimerait vivre normalement et subvenir à nos besoins sans avoir à se soucier de savoir si on va réussir à payer notre loyer, si on va avoir des impayés. C’est tout ça qui est stressant", avance-t-elle.

Il est temps que l'Etat agisse, estime Baptise Pagnier, militant du syndicat Solidaires Etudiants qui appelle à protester aujourd'hui: "S’ils ne nous écoutent pas on voit très bien ce qu’il va se passer. On a eu un exemple. C’est pour ça qu’on veut dire que maintenant, une autre voie est possible, il faut lutter pour cet autre avenir".

Le syndicat réclame notamment la création d'un salaire étudiant, pour se consacrer à 100% à ses études comme demandé par leur camarade de Lyon avant de s'immoler. Ce dernier, brûlé sur 90% du corps, était toujours entre la vie et la mort dimanche.

Nicolas Traino et Camille Schmitt (avec G.D.)