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Parcoursup, la nouvelle plateforme d'admission post-bac, suscite déjà la colère des élèves et des profs

A peine ouverte, déjà décriée. Elèves et enseignants dénoncent la nouvelle plateforme d'admission post-bac baptisée "Parcoursup", qui ouvre ce lundi à 11h. Les élèves de terminale vont pouvoir, dès la semaine prochaine, inscrire 10 vœux d'orientation. Mais l'arrivée cette année des prérequis pour les filières sous tension, qui permettra donc aux universités de sélectionner leurs élèves, est mal perçue.

Elle est censée faire oublier le fiasco d'Admission Post Bac… La nouvelle plateforme d'admission post-bac baptisée "Parcoursup" ouvre ce lundi à 11h. Les lycéens pourront inscrire 10 vœux au maximum sur la nouvelle plateforme, dès la semaine prochaine, en les motivant et après avoir vérifié Le gouvernement promet un système "plus juste, plus rationnel et plus humain". Une nécessité après les couacs de l'été dernier - plus de 65.000 bacheliers n'avaient pas d'affectation à la rentrée. Le nouveau dispositif est censé simplifier et améliorer l'orientation des lycéens, en mettant fin à certaines injustices, comme le tirage au sort par exemple. Avec l'instauration de prérequis (connaissances obligatoires pour intégrer le cursus désiré, NDR), l'objectif est aussi de réduire le taux d'échec en première année de licence: aujourd'hui, plus des 2/3 des étudiants ne passent pas en deuxième année.

Mais à peine est-elle lancée, que déjà cette plateforme est décriée, à la fois par les élèves et par les enseignants. Des appels aux blocus a d'ailleurs été lancé pour ce lundi dans une quarantaine d'établissements par le syndicat lycéen UNL-SD.

"C'est triste que les facultés soient obligées de regarder les notes"

L'inquiétude s'entend dans les propos de deux lycéennes rencontrées par RMC. En terminale, elles vont devoir faire des choix, bien conscientes qu'elles risquent de rester à la porte de l'université et de la filière de leur choix. Ainsi de Julie, qui souhaite absolument faire des études de psychologie. Une filière très demandée. Elle doit donc anticiper un éventuelle refus dans ses choix sur la plateforme. "Bah… je vais mettre Nanterre, Paris-Descartes… Je vais m'inscrire en sociologie aussi, parce que comme psycho c'est une filière sous tension, j'aurais peut-être plus de chances de trouver une place en socio".

Car avec cette nouvelle plateforme, les universités pourront désormais sélectionner leurs élèves sur dossier s’il n’y pas assez de place. Une injustice pour Marie qui craint de ne pas avoir de place en sociologie. "Je trouve triste que les facultés soient obligées de regarder les notes. Avant, un élève moyen ou mauvais pouvait entrer gratuitement et facilement dans une université", regrette-t-elle.

"Pas la même valeur si on vient d'un lycée de banlieue"

Les profs aussi conteste cette sélection qui ne dit pas son nom. Comme Olivier Louail, professeur en sciences économiques et sociales, qui dénonce la fin de l’université pour tous "On sait très bien qu'il y a un certain nombre de licences qui sont sous tension à la fac – staps, droit, psycho… Mais là, chaque université pourra décider ses propres attendus (prérequis, NDR). Un bac obtenu dans un lycée de banlieue parisienne n'aura plus la même valeur aux yeux des universités qu'un bac obtenu dans un lycée de centre-ville de Paris. Forcément, certains élèves vont se retrouver sur le carreau".

P. G. avec Romain Poisot