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Pourquoi l’instauration du service national universel obligatoire fait débat

Le gouvernement va préciser les contours de la mise en place d'une service national universel qui obligera les jeunes à se mobiliser durant un mois. Certains estiment que ce n'est pas assez, d'autres trop.

Etes-vous favorable à l’instauration d’un service national universel obligatoire? En tout cas, la mesure fait débat. Edouard Philippe doit présenter les grandes lignes de ce projet ce mercredi matin en conseil des ministres. Le gouvernement s’oriente vers un mois obligatoire pour tous les jeunes de 16 ans. Mais une grande consultation s’ouvre pour définir précisément les modalités.

Ce qui est certain, c’est ce mois obligatoire dont au moins 1 à 2 semaines en internat. Les jeunes de 16 ans, tous sans exception, sur le temps des vacances scolaires, suivront des séances d’éducation civique, de formation aux premiers secours et d’informations sur l’armée.

Ils poursuivront ensuite ce mois obligatoire au lycée à travailler autour d’un projet collectif élaboré en lien avec des associations ou des collectivités. Pas mal, mais pas suffisant pour Marie Trellu-Kane, présidente d’Unis-Cité, association qui milite pour la mise en place du service civique.

Pas possible de "construire" un citoyen en un mois?

"Si on veut que les jeunes rendent service à leur pays il faut du temps. C'est pour cela que nous prônons le développement massif du service civique qui, lui, dure 6 à 12 mois et qui permet de confier aux jeunes des vraies missions d'intérêt général et d'avoir une expérience sur laquelle ils peuvent construire et rebondir derrière. J'ose espérer que la consultation amènera à être souple sur la forme envisagée, peut-être même sur la durée. J'espère que ça ne va pas se limiter à: "On va construire les citoyens en mois" car ça tout le monde sait que ce n'est pas possible."

Justement, il devrait y avoir possibilité de poursuivre ce service sur la longueur. Entre 3 et 6 mois. Avant l’âge de 25 ans. En s’engageant, contre rémunération, dans une association, un EHPAD, un organisme humanitaire.

Les organisations de jeunesse seront consultées d’ici le mois d’octobre pour concevoir les détails du projet. Un projet qui devrait coûter un peu plus d’1 milliard et demi d’euro par an. Et dont le premier test est prévu à l’été 2019. 

Matthieu Rouault (avec J.A.)