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Réforme du bac: "Ce n'est plus de l'enseignement, c'est du gavage", dénonce un prof de maths

Un peu plus de 3 semaines après la rentrée scolaire, la réforme du bac est toujours au centre des inquiétudes des enseignants, des organisations syndicales et des élèves.

Un peu plus de 3 semaines après la rentrée scolaire, la réforme du bac est toujours au centre des inquiétudes des enseignants, des organisations syndicales et des élèves. Cette année, les séries (L, ES et S) sont supprimées en classe de première et remplacées par des enseignements de spécialité. Le contrôle continu et les épreuves à passer dès le mois de janvier pour les première interrogent.

Elèves et professeurs dénoncent surtout des emplois du temps surchargés et s'inquiètent pour l'organisation de l'année. Devant le lycée Jules Ferry, dans le 9e arrondissement de la capitale, les élèves de première ont vu leur agenda transformé. Greg et Martin, 16 ans, remarquent que "tout est éclaté" avec parfois six ou sept emplois du temps différents pour des élèves d'une même classe.

"Les élèves, à chaque cours, se prennent une armoire de maths sur la tête"

Certains préfèrent en rire voyant que certains ont à peine le temps de manger. Mais leurs professeurs sont inquiets. Marc, enseignant en première, voit les conséquences de la réforme en terme de pédagogie.

"En mathématiques, le programme est plus dur cette année que le programme de 1re S. Les élèves, à chaque cours, se prennent une armoire de maths sur la tête. Ce n'est plus de l'enseignement, c'est du gavage." 

Ras le bol général, et peut être bientôt crise des vocations

Beaucoup de spécialités, et donc plus de professeurs. Jusqu'à 38 pour une classe de 36 élèves. Pour Agathe, une autre enseignante, cela pose des problème de suivi des lycéens.

"Finalement on va parler d'élèves juste en regardant leurs notes sur le papier alors que pour parler d'un élève c'est mieux quand on le connaît."

Ras le bol général, et peut être bientôt crise des vocations. De plus en plus de professeurs refusent la mission de professeur principal, remise en question avec l'éclatement de la classe.

Rémi Ink et Nicolas Traino (avec J.A.)