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"Travailler auprès des tout-petits, ça ne s’improvise pas": les personnels des crèches en grève

Les personnels de la petite enfance se mettent en grève ce jeudi. Plusieurs rassemblements sont prévus en France. Ils dénoncent notamment un arrêté entré en vigueur fin août autorisant désormais, de manière encadrée, le recrutement d'employés non diplômés pour pallier à la pénurie dans le secteur.

Jour de grève pour le personnel de la petite enfance, ce jeudi. De nombreux rassemblements sont prévus à Gap, Pau, Chambéry, mais aussi à Paris. Un appel à la grève lancé par le collectif "Pas de bébés à la consigne". La colère à l’origine de ce mouvement, c’est la pénurie qui touche le secteur. 10.000 postes manquent à l'échelle nationale.

Et un arrêté entré en vigueur fin août autorise désormais, de manière encadrée, le recrutement de personnels non diplômés. En France, un établissement sur deux dans la petite enfance déclare manquer de personnel.

Ce jeudi matin, une cinquantaine de salariés de la crèche arc-en-ciel du Havre prennent le car pour aller manifester. Des puéricultrices, des membres de la direction, et même le président.

“Jamais on ne s’est mobilisé tous ensemble pour monter à Paris. C’est inédit”, indique Delphine Senente, directrice de l'association “Pas de bébés à la consigne”.

Dans les trois crèches qu’elle supervise, les effectifs manquent. “C’est tendu. On fait des entretiens d’embauche tous les jours sur les trois structures”, assure-t-elle.

Formation indispensable

Hors de question pour autant d'embaucher du personnel non qualifié. Conséquences, ce sont parfois les directrices elles-mêmes qui comblent ces manques. “C’est-à-dire que si on est obligé de diminuer les créneaux horaires de nos crèches pour être en sécurité et avec du personnel, c’est une solution à évoquer”, estime-t-elle.

Une mauvaise solution, dont cette directrice aimerait bien se passer. La bonne solution, c'est la formation explique Émilie Philippe, membre du collectif “Pas de bébés à la consigne”, à l’origine de cette manifestation.

“Travailler auprès des tout-petits, ça ne s’improvise pas. On ne s’occupe pas des enfants des autres comme on pourrait le faire avec ses propres enfants. Pour nous, ce qui devrait être mis en avant, c’est le fait de favoriser les formations longues et approfondies auprès des enfants”, indique-t-elle.

Cette éducatrice s'inquiète des dangers encourus par les enfants si la situation continue de se dégrader.

Mahauld Becker-Granier avec Guillaume Descours