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Une enfant exclue d'une crèche à cause de son épilepsie: "Ils ont bouleversé sa vie"

Les parents de Rose avaient perdu un premier procès en 2016. Ils ont fait appel et dénoncent une discrimination de la crèche envers leur fille.

Depuis deux ans, les parents de Rose mènent un combat contre la discrimination de leur fille à cause de son épilepsie. La fillette de deux ans avait été exclue de sa crèche en février 2016 à cause de sa maladie.

Ses parents ont perdu le premier procès en correctionnel, il y a deux ans et ont fait appel. L'audience a lieu mardi matin à 8h30 devant la Cour d'Appel de Nîmes. Aujourd’hui Rose va à l’école maternelle comme tous les enfants de son âge. Une situation que Fabrice et Emilie n’auraient pas pu imaginer il y a trois ans. Fabrice se souvient avoir été cherché sa fille à la crèche. Le soir, il avait reçu "un mail disant qu’il ne fallait pas qu’elle revienne le lendemain", affirme-t-il. 

Pour eux, aucun doute, c'est une discrimination fondée sur l'épilepsie de Rose de la part de la nouvelle directrice du petit établissement du Gard.

"Elle a eu des paroles très violentes. Pour elle, notre fille n’avait pas sa place ici, sa pathologie relevait d'un centre spécialisé. Pour elle, cette enfant, elle ne pouvait pas la garder. Rose est suivie par les meilleurs neurologues français, on a cette chance, et ils ont tous signé les courriers pour qu’elle soit en collectivité. La double peine, c'est que pendant un an et demi tout allait très bien", explique Emilie. 

Vers une jurisprudence?

Pourtant, selon eux, l'épilepsie de Rose n'est pas sévère, et le traitement en cas de crise est facile à administrer. L'exclusion est injuste pour les parents de Rose, et les conséquences sont lourdes.

"Ils ont bouleversé sa vie et celle de sa famille en l’excluant. Ils n’en n’ont pas pris soin du tout. On a changé de région, de travail", explique le père de Rose.

Les parents de Rose, qui est restée scolarisée depuis dans le système classique, craignent qu'il y ait jurisprudence si la justice donne raison à la crèche. Et que d'autres établissements refusent à leur tour l'intégration d'enfants épileptiques, mais aussi diabétiques ou allergiques. Désormais, leur dossier est "béton" dit Emilie Augustin, la mère de Rose.

Pour les responsables de la crèche, le personnel n’avait pas les qualifications médicales pour accueillir l’enfant dans de bonnes conditions.

Nicolas Traino avec Guillaume Descours