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Des primes pour l'accueil des enfants handicapés en crèche? "Nos enfants handicapés, personne n'en veut"

Un rapport sur l'accueil et la scolarisation des enfants handicapés entre 0 et 6 ans a été remis au gouvernement ce mercredi, alors que plus de la moitié des enfants handicapés de moins de 3 ans sont gardés par leurs parents. Parmi les préconisations: des majorations financières pour les crèches acceptant de recevoir des enfants handicapés.

Tous les parents d'enfants handicapés le savent: faire scolariser son enfant est un parcours du combattant. Un rapport sur l'accueil et la scolarisation des enfants handicapés entre 0 et 6 ans a été remis au gouvernement ce mercredi. RMC a pu le consulter en avant-première. Selon ce rapport, il manquerait 10.000 places pour les enfants handicapés de moins de 3 ans, que cela soit en crèche ou chez une nounou. 54% des enfants en situation de handicap de moins de 3 ans sont gardés exclusivement par leur(s) parent(s), contre 32% pour les autres enfants. Le rapport préconise notamment l'instauration des financements majorés pour les crèches qui accepteraient de recevoir plus d'enfants handicapés.

Une fausse bonne idée pour Sophie De Sainte Maresville, rresponsable de l'association Sasha et mère d'une petite fille malentendante. "Il est vrai qu'un enfant différent a besoin de plus de regard, d'attention, donc c'est normal que les crèches soient amenées à augmenter le nombre de puéricultrices, et pour cela il faut leur donner des subventions pour qu'elles aient plus de personnel. Mais ces subventions ne doivent pas être distribuées simplement pour les inciter à avoir des enfants différents, parce que sinon on ne parle pas d'inclusion. Le message que cela envoi? Que nos enfants handicapés personne n'en veut, et que pour que quelqu'un accepte de les recevoir on paie, et ça, ce n'est pas normal."

"Cela devrait être la norme le fait d'accueillir les enfants handicapés"

Pour Johanna, maman d'un petit garçon de quatre ans et demi atteint d'une maladie génétique, le vrai progrès, ce sera quand justement il n'y aura plus besoin de mesures ni de rapport, que les enfants handicapés seront acceptés comme les autres. "Cela devrait être la norme le fait d'accueillir les enfants handicapés, mais aujourd'hui ça ne l'est pas. Il faut prouver qu'il a bien sa place, qu'il ne va pas troubler l'ordre de la classe, et ça c'est fatigant. J'ai plutôt envie que l'école m'ouvre les portes et qu'on me dise que mon enfant a bien sa place et qu'il peut apporter aux autres enfants au même titre que les autres enfants pourront lui apporter".

94 % des enfants de six ans en situation de handicap sont à l'école ordinaire mais il existe de fortes disparités selon le handicap. Comme le raconte Johanna. "J'ai même une école qui m'as dit que c'était dommage que mon enfant ne soit pas autiste, parce les autistes ils savaient les gérer. Ce sont des phrases qu'on n'oublie pas".

P. G. avec Cécile Costes