RMC

Egalité salariale hommes-femmes: et si on s'inspirait de l'Islande?

Faut-il sanctionner les entreprises qui ne payent pas les femmes à la hauteur des hommes? Depuis le 1er janvier, l’Islande est le premier pays à le faire. En cas d’inégalité salariale, l’entreprise est obligée de la justifier. Et s’il n’y a pas de raison objective, elle est mise à l’amende. Comment ça marche et en quoi est-ce différent de ce qui se passe en France?

Ce qui change, c’est qu’on dépasse la fameuse formule "à travail égal, salaire égal". Pour ça, les lois existent déjà. Depuis 1961 en Islande et 1972 en France, femmes et hommes doivent percevoir exactement le même salaire s’ils exercent exactement le même emploi.

Mais là, l’Islande s’attaque au problème de fond. C’est-à-dire que globalement, sur le marché du travail, les hommes sont toujours plus nombreux à accéder aux postes à responsabilités très bien payés. Et les femmes restent cantonnées à des postes subalternes beaucoup moins rémunérateurs.

En gros, LE directeur est un homme, LA standardiste est une femme. Voilà pourquoi en Islande, une femme touche encore 16% de moins qu’un homme. Et en France, 26% de moins.

 Alors, en quoi la nouvelle loi islandaise permet de réduire l’écart?

Ce qui change, c’est la procédure. On ne regarde plus l’écart de salaire sur un poste précis, mais sur l’ensemble des postes. Depuis le 1er janvier, les entreprises sont obligées de communiquer aux autorités toutes les fiches de postes. Des documents détaillés. Avec les tâches précisément effectuées, le nombre d’heures, les qualifications requises, le salaire alloué.

Et si l’on constate à la fin qu’au sein d’une même entreprise, les postes les moins qualifiés avec les salaires les moins élevés sont majoritairement attribués à des femmes, l’entreprise est sanctionnée. L’amende peut aller jusqu’à 400€ par jour et par salarié.

Bref, des sanctions fortes, un vrai changement dans la méthode. C’est comme ça qu’on doit procéder aussi en France selon des associations comme Osez le féminisme. Hier, en France, il y a eu des annonces. Renforcement des contrôles de l’inspection du travail. Déploiement d’un logiciel au sein des entreprises pour évaluer les écarts de salaire. Mais tout cela se borne à évaluer les inégalités entre homme et femme sur un même poste. Pas dans la globalité de l’entreprise comme en Islande.

Mathieu Rouault