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Mesures pour l'égalité salariale hommes-femmes: cette cheffe d'entreprise n'en veut pas et s'explique

A l'occasion ce jeudi de la Journée internationale des droits des femmes, le gouvernement dévoile une série de mesures pour faire progresser l'égalité femmes-hommes. II prévoit notamment des sanctions financières pour les entreprises qui ne respectent pas l'égalité salariale. Une mesure qui irrite une cheffe d'entreprise rencontrée par RMC, dans l'Eure.

C'est aujourd'hui jeudi 8 mars la Journée internationale des droits des femmes. A cette occasion, le gouvernement doit dévoiler une cinquantaine de mesures pour faire progresser l'égalité femmes-hommes, "grande cause du quinquennat", à l'occasion d'un comité interministériel présidé par Edouard Philippe. L'une de ces mesures a déjà été annoncée mercredi. Elle vise à lutter contre les écarts de salaires entre les hommes et les femmes, faire en sorte qu'il y ait égalité de traitements au sein de l'entreprise.

Des sanctions financières pourront être prononcées contre les entreprises de plus de 50 salariés qui présenteraient des écarts "injustifiés" de salaires - reste à définir ce qu'on entend exactement par "écart injustifié". Quand on compare les rémunérations à conditions équivalentes (secteur, temps plein, âge, etc), il reste un écart de 9%, qui relève de la "discrimination pure".

"Si j'ai un poil dans la main…"

Cette initiative ne fait pas l'unanimité. RMC a rencontré une cheffe d'entreprise de l'Eure qui ne comprend pas pourquoi il faut passer par la sanction et la loi. Pour Christine Français, qui dirige la société de transport Grisel, l'exemplarité passe par la simplicité. Déjà, lors des entretiens d'embauche, la patronne est claire: "Que ce soit un homme ou une femme, je m'en fous complètement." Et légiférer sur le sujet de la parité, c'est pour elle une erreur. "A partir du moment où on légifère sur le rôle ou la position de la femme, c'est déjà lui reconnaître une différence. J'ai des employés hommes et femmes qui ont tous des qualités et des défauts, et leur progression salariale vient plus de leur volonté plutôt que de leur sexe".

Une vision que partagent ses salariées, comme Christine, qui répare les sièges des cars de la société dans l'atelier de sellerie. "Supposer que je ne gagne pas assez, c'est soit parce que je n'ai pas le courage, soit parce que j'ai un poil dans la main. Il n'y a pas d'injustice. Homme ou femme, on est pareil".

"Le congé maternité fait partie de la vie d'une entreprise"

Et le fameux congé maternité, qui effraie tant certains patrons? Un faux problème pour Christine Français. "La maladie, le congé paternité, le congé maternité... ce sont des paramètres qui font la vie d'une entreprise. On ne peut pas faire un frein." Dans son entreprise, en tout cas, la parité est respectée, puisque sur 200 salariés il y a autant d'hommes que femmes.

P. G. avec Martin Cadoret