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"Entre 30 à 40% de casse": les gérants de boîtes de nuit, grands oubliés du déconfinement

Le syndicat national des discothèques et lieux de loisir (SNDLL) a réalisé un sondage en interne auprès de 300 établissements de nuit. Résultat, plus de 30% d’entre eux se disent en grand danger. Reportage à Lyon.

Comme ses 6.000 collègues du monde de la nuit, Axel Bon-Chabert se sent oublié. A la tête de trois établissements depuis 10 ans, il attend une date de réouverture et il y a urgence: "On a de grosses charges, un peu plus de 40.000 euros de loyer par mois, on a une perte mensuelle d’un million d’euros de chiffre d’affaire donc c’est sûr qu’on transpire un petit peu".

Ses 70 salariés sont tous en chômage partiel et le gérant a dû contracter un prêt garanti par l’état. Rouvrir devient donc une nécessité, mais pas n’importe comment: "Si je respecte les distanciations sociales, il faut que je divise par cinq l’effectif total donc ce n'est clairement pas possible, trop peu de clients, pas rentable".

"On va aller vers 30 à 40% de casse"

Thierry Fontaine est le président national de l’Union des métiers d’hôtellerie et restauration de nuit. Selon, lui si rien n’est fait rapidement, beaucoup d’entreprises ne survivront pas:

"On va aller vers 30 à 40% de casse dans le monde de la nuit. Avec les prêts garantis par l’Etat ça a fait une mesure d’urgence qui a redonné de l’oxygène mais dès qu’il va falloir rembourser ces prêts, il y a beaucoup d’entreprises qui vont être en difficulté".

En attendant, la profession s’organise et milite sur les réseaux sociaux pour assouplir les règles.

Florence Donjon