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Etat d'urgence: "Le projet de loi antiterroriste donne à l'Etat des pouvoirs exorbitants"

Les opposants au texte s'étaient déjà rassemblés le 1er juillet

Les opposants au texte s'étaient déjà rassemblés le 1er juillet - ALAIN JOCARD / AFP

Avocats, magistrats, politiques… Plus de cent organisations manifestent ce dimanche après-midi devant le cimetière du Père-Lachaise, à Paris, pour redire leur opposition au projet de loi antiterroriste. Ce texte controversé sera discuté mi-septembre à l'Assemblée nationale. Ses détracteurs dénoncent un texte liberticide. RMC a interrogé les organisateurs.

"Contre l'instauration d'un état d'urgence permanent." C'est le mot d'ordre de plus d'une centaine d'associations et de syndicats qui bataillent contre le projet de loi anti-terroriste et qui se mobilisent, ce dimanche après-midi, devant le cimetière du Père-Lachaise à Paris. Répétition de leur manifestation du 1er juillet, avant l'examen du texte au Sénat. 

Un texte controversé

Liberticide à leurs yeux, ce texte prendra le relais le 1er novembre au régime exceptionnel de l'état d'urgence, prolongé pour la enième fois le 6 juillet 2017. Controversé, ce projet de loi, qui sera discuté mi-septembre à l'Assemblée nationale, vise à transposer dans le droit commun des mesures jusqu'ici réservées à cet état d'exception.

Laurence Blisson, du syndicat de la magistrature (SM), l'une des 102 organisations qui appellent à manifester, affirme que ce texte est un "danger pour la démocratie". Elle argue que l'état d'urgence, qui avait été proclamé pour rechercher de potentiels terroristes, avait été détourné pour assigner à résidence de militants écologistes

"Notre objectif c'est la levée de l'état d'urgence et que le gouvernement renonce à cet outil terrible, qui lui a permis d'interdire des manifestations, ou à des personnes de se rendre à des manifestations. Il donne à l'Etat des pouvoirs absolument exorbitants. Il faut un véritable sevrage contre l'état d'urgence."

"En sortir, ça veut dire lever l'état d'urgence et ne pas l'intégrer dans le droit de manière permanence, ce qu'est en train de faire le gouvernement d'Emmanuel Macron", s'alarme la magistrate, qui bataille de longue date contre les lois sécuritaires.

"Des entraves à la liberté de manifester"

Les signataires de cet appel à manifester incluent aussi des organisations emblématiques comme La Ligue des droits de l'homme (LDH) ou encore le Droit au logement (DAL). Elles redoutent un bâillonnement des mouvements sociaux. Jean-Baptiste Eyraud, président du DAL, juge ainsi qu'il entrave le droit à manifester.

Avec le projet de loi antiterroriste, "des périmètres de sécurité pourront s'imposer aux organisateurs de manifestation, qui devront alors recruter des vigiles pour fouiller l'ensemble des manifestants. C'est clair qu'on n'aura pas les moyens financiers d'assurer la mise en place d'un tel dispositif", explique le militant. 

"On sent venir des entraves à la liberté de manifester qui est quand même un droit fondamental", conclut Jean-Baptiste Eyraud.

P. C.