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"Expliquez-nous": où en est-on de la pauvreté et de la richesse dans le monde?

Le Forum économique mondial s’est ouvert mardi  à Davos en Suisse. L’élite économique mondiale s’y retrouve tous les hivers depuis 50 ans. Et tous les ans, ce rassemblement de millionnaires est aussi l’occasion de dénoncer les inégalités.

C'est devenu une tradition. L’organisation internationale Oxfam, qui lutte contre la pauvreté, profite de la vitrine de Davos pour rappeler des chiffres impressionnants: les 1% les plus riches de la planète possèdent deux fois plus que 90% de la population mondiale.

Pour parler des super riches et pour le dire autrement Oxfam imagine un cas purement théorique : si quelqu’un avait réussi à économiser 8.000 euros par jour depuis la prise de la Bastille, le 14 Juillet 1789, 8.000 euros par jour pendant 230 ans, il aurait accumulé une belle fortune. Mais il ne posséderait que 1% de la fortune de Bernard Arnault, qui est actuellement et depuis peu l’homme le plus riche du monde.

On peut faire dire ce qu’on veut à ces chiffres. Mais on comprend bien que les plus grosses fortunes mondiales ont connu des progressions stratosphériques ces dernières années.

Combien faut-il gagner ou posséder pour être dans les 1% les plus riches du monde?

Si vous gagnez 2.500 euros net par mois, vous êtes dans les 1% des plus hauts revenus à l'échelle mondiale. Si vous gagnez le SMIC, vous êtes dans les 6% les plus riches. 94 % des habitants du monde gagnent moins que le SMIC français. Et en ce qui concerne le patrimoine, la fortune: si vous possédez en banque ou en immobilier 700.000 euros, vous êtes dans les 1% les plus fortunés.

Si bien que l’hebdomadaire Le Point s’est amusé à faire d'autres calculs. Jean-Luc Mélenchon qui a tweeté lundi pour protester contre les inégalités révélé par Oxfam, et bien il fait lui-même parti des 1% les plus riches, en revenu comme en salaires.

Toutes les études montre que les inégalités progressent

L'étude de l’école d’économie de Paris sous la direction de Thomas Piketty. Elle souligne que les 10% les plus riches en France, aux Etats-Unis, en Chine en Russie se partage environ 50% des richesses du pays contre seulement 30% il y a 25 ans.

Les pays les plus inégalitaires sont l’Inde et le Brésil où 1% de la population se partage 55% des richesses. Et c’est comme cela que l’on arrive a ce chiffre de 2.153 milliardaires dans le monde dont 41 Français, 2.000 personnes qui possèdent autant que 60% de la population mondiale.

Si les riches sont toujours plus riches, les pauvres sont-ils de plus en plus pauvres?

Contrairement aux idées reçues, non. Quand on interroge les Français sur la pauvreté dans le monde, ils disent qu’elle augmente ou qu’elle est stable à 91%. Finalement ces 91% de Français ont tort. La pauvreté dans le monde recule. Et pas qu’un peu.

En quarante ans on est passé de deux milliards de personnes vivant avec moins de 2 dollars par jour, à 640 millions. 1,3 milliard de personnes sont sortis de l'extrême pauvreté.

En pourcentage, ont est passé de 45% de pauvres sur la planète à 11% seulement. En Asie du sud-est, le chiffre est très spectaculaire: il y avait 80% de pauvres en 1980, il n’y en a plus que 5%. Jamais le monde n’avait autant fait reculer l'extrême pauvreté que lors de ces 25 dernières années.

Et du coup, on a une sorte de classe moyenne mondiale qui a du patrimoine. Ceux qui possèdent entre 10.000 et 100.000 dollars sont plus de 1,7 milliard trois fois plus qu’il y a 20 ans.

Et le groupe d’au dessus, ceux qui ont entre 100.000 et un million de dollars sont désormais 500 millions contre 200 millions il y a 20 ans. Seule l'Afrique est restée à l'écart de cet enrichissement mondial.

Et la France dans tout ça?

La France compte 9 millions de pauvres. Sur des critères différents. C’est à dire de gens qui gagnent moins de 1.000 euros pour une personne seule. C’est moins qu’en Allemagne, en Grande-Bretagne ou en Italie, mais c’est un chiffre qui augmente depuis 10 ans.

Donc, contrairement à ce qui se passe au niveau mondial, en France on peut dire que les pauvres sont plus pauvres qu’avant, et les riches beaucoup plus riches.

Nicolas Poincaré