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Festival d'Angoulême: derrière les stars de la BD, la précarité des auteurs et dessinateurs

Emmanuel Macron est attendu ce jeudi en Charente pour ouvrir le festival de BD d'Angoulême sur fond d'inquiétude des auteurs.

La 47e édition du festival international de la BD d'Angoulême s'ouvre ce jeudi jusqu'au 2 février. Emmanuel Macron y est attendu. C'est la première fois depuis 35 ans qu'un chef de l'Etat se rend sur place. Mais le contexte n'a rien d'une fête. Car si le marché de la bande dessinée est en pleine expansion, (+2% de chiffre d'affaires en 2018), les auteurs sont de plus en plus précaires.

Plus de la moitié (53%) des auteurs de BD vivent en dessous du SMIC, selon la Ligue des auteurs professionnels. Vendredi à 16h30, les auteurs sont appelés à "poser le crayon" pour un "débrayage" d'une durée indéterminée.

Ils attendent surtout que soient reprises les propositions d'un rapport très attendu, le rapport Racine, rendu public la semaine dernière par Frank Riester, ministre de la Culture.

"Sans les aides de l'état et mon petit boulot de prof, je serais à la rue"

Car derrière les stars du secteur, qui signent les Asterix ou les Lucky Luke, se cachent des auteurs plus modestes qui ont bien du mal à vivre de leur métier. C'est le cas de Carole, alias Nephyla.

Salon, lit et bureau dans la même pièce d'un petit appartement en banlieue parisienne. C'est là que Carole donne vie à ses personnages façon "heroïc fantasy".

"Ca va faire douze ans que je fais ce métier. j'ai fait une très bonne école, mon travail est apprécié."

Mais entre les prix à la page qui chutent, les délais de rendu raccourcis, Carole n'arrive plus à en vivre correctement.

"La plus haute année que j'ai faite, j'ai déclaré 11.000 euros à l'année. Là, l'année dernière, je suis à 5.000. Sans les aides de l'état et mon petit boulot de prof, je serais à la rue."

Des gestes forts attendus de la part du président

Alors comment enrayer cette précarité, un rapport rendu public la semaine dernière donne des pistes. Samantha Bailly est la vice-présidente de la Ligue des auteurs professionnels.

"Il y a des propositions qui sont très intelligentes, et notamment la mise en place d'un contrat de commande. D'admettre en fait que nous effectuons un travail quand nous créons, c'est aussi mettre en place un contrat qui nous couvrirait pour ça, que ce soit en termes de rémunération ou de protection."

Elle doit rencontrer Emmanuel Macron ce midi et attend des gestes fort de la part du Président.

Martin Cadoret (avec J.A)