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Gilets jaunes": "On ne changera pas le monde en brûlant une Porche dans le XVIe le samedi"

Certains "gilets jaunes" se sont désolidarisés du mouvement. Entre violences et perte de crédibilité, ils ne se reconnaissent plus dans ce mouvement qui les avait fédérés.

Les "gilets jaunes" ne baissent pas les bras. 17ème acte de mobilisation ce samedi. Baptisé sur Facebook "acte décisif: nous ne bougerons pas", il devrait de nouveau mobiliser des manifestants à Paris et dans d’autres villes de province. La semaine dernière, la mobilisation était à son plus faible niveau avec 39.300 manifestants partout en France dont 4000 à Paris.

Un chiffre qui en dit long. Tous les "gilets jaunes" ne sont plus aussi mobilisés qu’au début du mouvement. Certains ont même rendu leur gilet alors qu’ils manifestaient depuis le 17 novembre. Violences, perte de crédibilité, essoufflement. Ils affirment ne plus de reconnaître dans ce mouvement. 

C’est notamment le cas de Fabrice Schlegel qui vit à Dole dans le Jura. Il est l'un des instigateurs des premiers mouvements citoyens en lien avec les gilets jaunes. Mais depuis décembre, il a pris du recul sur le mouvement notamment à cause de la dispersion des revendications. 

"Il y avait des demandes un peu farfelues"

"Certains ont cru que ce mouvement, c’est la finalité d’une lutte alors que ce n’est qu’un moyen, qu’un outil. On est tombé dans des solutions de facilité. Certains ont demandé le RIC, d’autres, il y avait des demandes un peu farfelues, voulaient supprimer le Sénat, ils ne savent même pas à quoi ça sert. Il faut qu’on soit crédible et c’est pour ça que je me suis très vite désolidarisé. On ne changera pas le monde en brûlant une Porche dans le XVIe le samedi. Il ne faut pas oublier le départ sont des gens qui souffrent. Et mon credo, c’est qu’il faut aider ces gens-là, pas faire la révolution", explique l’ex "gilet jaune". 

Certains gilets jaunes promettent trois jours de mobilisations, vendredi, samedi et dimanche. Vendredi soir un "sit-in" a été organisé sur le Champs de Mars, au pied de la tour Eiffel. L'objectif était de camper sur place, mais ils ont été rapidement délogés par les forces de l'ordre.

Margaux Boddaert avec Guillaume Descours