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Harry, voisin de l'immeuble incendié à Paris: "J'entends les cris dans ma tête, je revois les gens aux fenêtres"

Dans la nuit de lundi à mardi, l’incendie criminel d’un immeuble de la rue Erlanger, dans le 16ème arrondissement de Paris, a provoqué la mort de 10 personnes. Harry, locataire de l'immeuble d'en face a tout vu et reste très choqué.

Le soir de l'incendie qui a causé la mort de 10 personnes ce lundi, Harry a tout vu. Le jeune homme de 27 ans habite l'immeuble en face du bâtiment incendié rue Erlanger dans le 16e arrondissement de Paris. Il a décidé de quitter son appartement.

Dans une valise et un grand sac de courses, il a rassemblé quelques affaires récupérées à la hâte dans son appartement. Le drame s'est déroulé pile sous ses fenêtres. Très choqué, il préfère s'installer quelques jours chez ses parents: "Comme je vois l'immeuble de ma fenêtre, le simple fait de me lever, dès que je tourne la tête, je vois cet immeuble noir, j'entends des cris dans ma tête, je revois les gens aux fenêtres, la fumée. C'est assez traumatisant".

"C'est une personne lambda"

Le soir de l'incendie, Harry est évacué en bas de son immeuble au moment où la suspecte est arrêtée. Une voisine d'une quarantaine d'années qu'il croisait régulièrement dans le quartier: "Quand vous la voyez dans la rue, jamais vous ne vous doutez qu'elle est dérangée, c'est une personne lambda qui fait ses courses, qui dit bonjour. On ne pense pas qu'elle est malade ou qu'elle a des problèmes".

Harry craint désormais de reconnaître un nom parmi la liste des victimes. Il envisage de consulter la cellule psychologique mise en place à la mairie d'arrondissement.

Il a fallu plus de cinq heures aux pompiers pour maîtriser le feu qui a également fait 33 blessés dont huit pompiers. Plus d'une cinquantaine de personnes ont dû être évacuées en urgence, à l'aide de grandes échelles notamment.

Cet incendie est le plus meurtrier à Paris depuis le 26 août 2005 quand un feu d'origine criminelle avait fait 17 morts dont 14 enfants dans un immeuble vétuste du XIIIe arrondissement. L'enquête n'avait pas permis d'identifier un auteur.

Jean-Baptiste Bourgeon et Bettina de Guglielmo