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Il risque la prison pour avoir aidé des migrants: "c’est une question d’humanité"

Un Niçois risque la prison pour avoir aidé des migrants. Il est jugé pour "aide à l'entrée, à la circulation ou au séjour irrégulier de personnes en situation irrégulière".

Dimanche 16 octobre, Pierre-Alain Mannoni (45 ans), père de famille de deux enfants, a été arrêté alors qu'il transportait 3 Érythréennes dans sa voiture. Il a choisi de les secourir sans contrepartie et envisageait de les héberger puis de leur payer un billet de train pour qu'elles rejoignent Marseille.

Ce n'est pas la première fois que Pierre-Alain Mannoni porte secours à des étrangers, mais il assure avoir agi dans un but humanitaire. Cet ingénieur d'études à l'Université de Nice Sophia Antipolis risque 5 ans de prison et 30 000 euros d'amende.

"Ils ont dormi à la maison, ils ont pris une douche chacun leur tour"

Pierre Alain Mannoni rentre d’une fête de village lorsqu’il voit quatre migrants sur le bord de la route, il décide de s’arrêter pour les aider. "Il y avait ma fille dans la voiture et c’est ça qui m’a poussé à m’arrêter. A ne pas tourner la tête. Il y a une partie de soi qui se dit ‘c’est complètement fou ce que t’es en train de faire’. Mais je me suis dit qu’on ne pouvait pas les laisser sur le bord de la route. Je les ai accueillis chez moi, dans un petit appart. Ils ont dormi à la maison, ils ont pris une douche chacun leur tour, et le lendemain j’ai décidé de les emmener à la première gare dans le Var, je leur ai payé un billet à chacun".

Cette expérience donne envie à Pierre-Alain de secourir d’autres migrants mais le voyage ne se passe pas comme prévu, il est arrêté. "J'étais menotté, mis en cellule, on m’a bien expliqué que j’étais en garde à vue. Et là le ciel m’est tombé sur la tête: je risque cinq ans de prison ferme et 30 000 euros d’amende pour avoir aidé des gens. Je n'en avais pas vraiment conscience. Ce que j’ai fait c’est un acte spontané, c’est de la solidarité. C’est une question d’humanité, j’ai aucune honte par rapport à ça. Je suis inquiet mais j’ai confiance en la justice". Pierre-Alain n’est pas le seul à être poursuivi, un autre habitant des Alpes Maritimes comparaîtra le même jour, pour le même motif.

Elodie Messager (avec AM)