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"Ils se moquent de moi": brûlée après une épilation chez Dépil Tech, une cliente saisit la justice

Brûlée après une séance d'épilation à la lumière pulsée, Aline n'arrive toujours à se faire rembourser par Dépil Tech, l'entreprise qui propose le service. Pire encore, elle assure qu'au téléphone, des employés ont tenté de la décourager d'aller en justice.

La lumière pulsée est une technique d’épilation définitive où de la lumière est envoyée à forte dose sur le poil et le détruit. Il y a un an, Aline va dans un centre Dépil Tech, spécialisé dans le domaine, elle dépense plus de 2.000 euros à l’avance pour toutes les séances. Sauf que dès la première séance, elle ressort brûlée aux jambes. Elle a toujours des traces aujourd’hui et les esthéticiennes ne veulent pas la rembourser.

Sur le groupe Facebook "Arnaque Dépiltech" on a trouvé des dizaines de témoignages similaires. En mai, quand RMC a contacté l’entreprise, la directrice exécutive avait été très à l’écoute, prête à échanger avec les clientes. Sauf que le jour même de la diffusion de notre reportage. Aline a été rappelée par une employée Dépil Tech, et la bienveillance affichée n’était pas au rendez-vous: "Elle m'a prise de haut à me dire que mon témoignage n'était plus crédible. En lui parlant des brûlures je l'ai sentie rigoler et sourire au téléphone", raconte-t-elle à RMC.

"J'ai senti qu'elle voulait me faire peur. Elle m'a dit: 'attention, si vous passez par la justice, cela ne va pas être simple et ça va être long'. Je l'ai pris comme une menace. Je ne me sentais pas du tout prise en considération par rapport à mes brûlures", explique Aline.

Un remboursement sous forme de forfait

Menacée, sous pression, Aline décide de prendre une avocate qui met en demeure l'entreprise. Et là, changement de ton radical: Dépil Tech s’est montré très poli avec l’avocate et a proposé une transaction commerciale. L’entreprise accepte de rembourser une seule séance, à 140 euros et elle propose à Aline de récupérer ses 2.000 euros, mais sous forme de forfait. En clair, elle dit à Aline de revenir dans un centre Dépil Tech pour se refaire épiler.

Une aberration pour notre auditrice: "C'est ridicule, cela n'a aucun intérêt. Déjà, je ne veux plus y retourner, je ne veux plus être brûlée. En plus de ça, je ne vois pas ce que je peux me faire épiler de plus", déplore Aline.

"J'ai l'impression qu'ils se moquent de moi, qu'ils m'ont harponné et ne veulent plus me lâcher. Je veux juste récupérer mon argent, mes économies et arrêter. Je veux me faire soigner par un dermatologue. J'ai l'impression qu'ils se moquent de moi, qu'ils me balancent un truc en se disant que je serais contente comme ça. Je ne me sens pas du tout entendue", déplore Aline.

Sur les conseils de son avocate Maître Emma Leoty, Aline va donc aller en justice. Elle va demander au juge de désigner un médecin expert judiciaire. Il fera un rapport sur l’étendue des brûlures d’Aline, un rapport qui lui permettra de demander un remboursement et des dommages et intérêts. De nouveau contacté par nos soins Dépil Tech ne souhaite pas réagir publiquement et veut seulement communiquer avec l’avocate d’Aline.

Joanna Chabas