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La fête à Macron: On espère que tout se passera bien parce qu’on n’a rien pour se protéger

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Après la manifestation du 1er mai, qui a entraîné de nombreux débordements, la "fête à macron" prévue ce samedi 5 mai à Paris, fait craindre de nouvelles dégradations.

C’est la "fête à Macron". A l'appel de François Ruffin, député LFI de la Somme, plusieurs milliers de personnes sont attendues dans les rues de la capitale ce samedi 5 mai, pour une journée de contestation face aux réformes du Président de la République.

Un dispositif conséquent et puissant

La sécurité sera l'un des enjeux majeurs de ce rassemblement. Après les débordements spectaculaires causés par près de 1.200 "black blocs" lors du défilé du 1er mai, le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, sous le feu des critiques de l'opposition pour la gestion du maintien de l'ordre, avait promis "encore plus de forces de l'ordre lors des prochaines manifestations". Ce sera donc le cas. Un dispositif conséquent et puissant composé de 2.000 membres des forces de l'ordre sera déployé aujourd'hui.

Le service d'ordre des organisateurs sera lui composé de 150 personnes. Même si les risques semblent plus limités cette fois, car il n'y a pas d'appels sur les réseaux sociaux à aller manifester de la part des black blocs comme pour le 1er mai, la préfecture estime malgré tout que des casseurs tenteront de s'intégrer dans le défilé.

"Il y a quand même une certaine appréhension"

Jessy est CRS délégué UNSA Police au sein de la CRS 44. Il était présent à la manifestation du 1er mai et sera également présent aujourd'hui. Il est rassuré par ces dispositions.

"Un certain nombre de forces supplémentaires ont été mises sur le dispositif donc normalement, ça devrait le faire. Ça va nous permettre de faire des contrôles de zone, de pouvoir fouiller les sacs et de contrôler les individus, ce qui n’a pas été le cas durant la manif du 1er mai. Ça a été fait lors des manifs contre la loi travail et ça a très bien fonctionné. Il y a quand même une certaine appréhension parce que des casseurs oui, il va y en avoir. Si les contrôles sont faits en amont, je pense qu’il y aura beaucoup moins de casse. Si on arrive à saisir les divers projectiles, les cocktails Molotov et les bombes agricoles, bien évidemment, il y aura beaucoup moins de dégâts".

Les forces de l'ordre se déploieront donc tout au long de l'itinéraire où se trouvent de très nombreux magasins et des contrôles préventifs seront menés aux abords de la manifestation, à la sortie et à l'intérieur de la station de métro Opéra. 

Les plus craintifs vis-à-vis de ces possibles débordements sont les commerçants, dont les magasins sont souvent la cible des projectiles. Place de l'Opéra, on respecte les manifestants mais on espère qu'ils ne resteront pas trop longtemps. C'est mauvais pour les affaires.

"Quand ils vont voir les forces de police déployées ils vont partir au triple galop"

Au café l'Entracte, en face de l'opéra Garnier, Emmanuel a déjà tout prévu pour faire face à la fête à Macron.

"Nous on ferme la grille et on va attendre à l’intérieur de rouvrir. La manifestation c’est vrai que ça va nous toucher. Là en plus, on a énormément de touristes donc ce n’est pas évident de perdre de la clientèle".

Un peu plus loin, sur le même trottoir, dans la pharmacie de Laurent, la police n'est pas encore passée pour dispenser ses consignes de sécurité. "On espère que tout se passera bien parce qu’on n’a rien pour se protéger pour le coup. C’est juste les vitrines. On n’a pas de rideau donc c’est brut".

De l'autre côté de la place, Madeleine hésite encore à participer à la manifestation. Mais une chose est sûre, elle n'ouvrira certainement pas son kiosque avant le départ des manifestants. "Ça ne vaut pas la peine. Les gens habituels ne vont pas venir. Quand ils vont voir les forces de police déployées ils vont partir au triple galop".

Edouard Dufrasne (avec C.P.)