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La mosquée fermée, des musulmans de Lagny prient dans la rue: "On a le droit de prier comme on veut"

Depuis la fermeture il y a près d'un an de la mosquée de Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne), considérée comme un "foyer d'idéologie radicale", des fidèles prient dans la rue. La mairie demande, en vain, à l'État d'agir, et craint des perturbations. Reportage.

Ils ne peuvent plus prier dans la mosquée, fermée depuis près d'un an, alors ils prient dans la rue. Près d'un an après la fermeture de la mosquée de Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne), considérée comme "un foyer d'idéologie radicale" par le gouvernement, la mairie demande au gouvernement d'agir pour "empêcher" les prières de rue. Cinq fois par jour, une dizaine de fidèles sortent leurs tapis de prière, en silence, sur le béton de la petite place Marcel Rivière. Ils sont quatre fois plus le vendredi. Les élus de la ville ont voté lundi à l'unanimité une délibération dans laquelle ils en appellent au gouvernement. Malgré plusieurs courriers et rendez-vous en préfecture et au ministère, la situation n'est toujours pas réglée.

La mosquée de Lagny a été fermée en décembre dernier après des perquisitions menées dans le cadre de l'état d'urgence. À la suite de cette opération avaient été saisis un revolver, des documents sur le jihad et "un disque dur dissimulé". Une école coranique clandestine a également été découverte. Par ailleurs 22 interdictions de sortie du territoire et 9 assignations à résidence avaient été prononcées contre des individus radicalisés.

"Un quartier déjà fragile"

À l'époque, l'Association des musulmans de Lagny, qui gérait la mosquée, et les deux associations l'ayant précédée ont aussi été dissoutes, une mesure inédite en France pour des associations cultuelles, selon le ministère. Entre temps, une nouvelle association a pris le relais, l'Association ES SALAM, qui essaie tant bien que mal de maintenir le dialogue entre la communauté et les services municipaux. Youcef, trésorier d'Association musulmane ES SALAM, regrette de devoir en arriver là : "C'est le seul moyen qu'on a de se manifester. On a le droit d'avoir un lieu de culte et de prier comme on vu ici. Mais pas sur la voie public, je le concède." Jean-Paul Michel, le maire de la ville demande à l'État d'agir vite : "C'est un quartier déjà fragile et ces prières perturbent la vie du quartier".

P. Gril avec Marie Monier