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Le budget 2022 vide-t-il vraiment les caisses de l'Etat?

LECHYPRE D'AFFAIRES - Le gouvernement est accusé de dilapider de l'argent public à des fins électoralistes: à juste titre?

Est-ce que ce budget 2022 vide les caisses de l’Etat comme le disent les opposants à Emmanuel Macron ? A l’horizon 2022, non. Au contraire ! C’est vrai qu’il y a eu beaucoup d’annonces ces dernières semaines: le grand plan pour Marseille, la prime pour les sages-femmes, l’assurance des agriculteurs, l’enveloppe pour les transports en communs locaux, le Beauvau de la sécurité, le chèque énergie, la prime rénov, la pilule pour les moins de 25 ans, la pêche, le frêt, les travailleurs indépendants... Pas loin de 7 milliards d'euros d'enveloppes distribuées.

Mais la plupart de ces dépenses sont déjà inclues dans les 11 milliards de dépenses annoncées en juillet. Et, en plus, il y aura forcément de bonnes surprises coté déficits l’an prochain puisque le gouvernement sous-estime la croissance, de l’activité et de l’emploi, donc les rentrées fiscales.

Quels sont les ministères gagnants et perdants?

Une des priorités est accordée aux politiques vertes (Ma prim renov, énergies renouvelables), puis aux missions régaliennes, avec +1,7 milliard d'euros pour les Armées, +1,5 milliard d’euros et 10.000 emplois pour l'Intérieur et +700 millions pour la Justice, qui sur 5 ans, aura vu ses moyens augmenter d’un tiers et ses effectifs de presque 7.500 équivalents temps plein.

Mais la priorité, c’est l’éducation : +1,7 milliard après +4,3 milliards en 2021, notamment pour financer les revalorisations des rémunérations des enseignants, la limitation progressive à 24 du nombre d’élèves par classe de grande section, CP et CE1 hors zone prioritaire, et le dédoublement des classes de grande section dans les zones prioritaires.

Les Français pourront-ils compter sur des baisses d’impôts?

Le gouvernement ne prévoit aucune mesure fiscale nouvelle pour l’an prochain, mais il maintient le calendrier des baisses d'impôts décidées avant la crise sanitaire.

Les 20% de ménages les plus aisés verront leur taxe d'habitation réduite l'an prochain, après une première étape en 2021. Déjà supprimée totalement pour 80% des ménages, elle le sera pour tous les contribuables en 2023.

De même, l'impôt sur les sociétés passera à 25% pour toutes les entreprises, (33,3% en 2018). Sur le quinquennat, les entreprises auront payé 25 milliards d'impôts en moins et les ménages en auront économisé autant (dont 18 milliards de taxe d’habitation et 5,5 allègement de barème IRPP).

Ces différentes mesures cumulées ont généré un gain de pouvoir d’achat de plus de 170€ par mois pour un célibataire salarié au SMIC, soit sur un an l’équivalent de 1,7 mois de salaire en plus.

Emmanuel Lechypre (avec J.A.)