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"On n’est pas des fétichistes du pass sanitaire": comment se justifie le gouvernement dans sa décision... de ne rien changer

Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal s'est satisfait d'un "outil très efficace" qui pourrait être adapté.

Finalement, non: il reste obligatoire sur tout le territoire. Malgré une accalmie de l'épidémie de Covid-19, le pass sanitaire est maintenu pour l'instant dans tous les départements français malgré la décrue de l'épidémie du Covid-19 qui se "confirme jour après jour", a annoncé mercredi le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal.

"Le pass sanitaire s'est confirmé comme étant un outil très efficace pour maintenir ouverts des lieux qui auraient dû être refermés si le pass sanitaire n'avait pas existé (...) À ce stade, il n'y a pas de décision d'adapter le pass sanitaire qui continue à s'appliquer dans les mêmes conditions qu'aujourd'hui", a-t-il indiqué à l'issue du Conseil des ministres précédé d'un Conseil de défense sanitaire.

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L'exécutif met en avant la situation sanitaire, pas encore assez satisfaisante pour annoncer des allègements. Surtout que, selon Gabriel Attal, le pass sanitaire "s'est confirmé comme un outil très efficace"... déjouant ainsi les derniers bruits et autres déclarations d'Emmanuel Macron sur la mise en place d'un pass sanitaire local uniquement. 

Une mesure locale d'ailleurs a toutefois été prise: la fin de l'obligation du port du masque à l'école primaire à partir du 4 octobre dans les départements les moins touchés par l'épidémie du Covid-19. Mardi, 41 départements sur 101 se situaient sous ce seuil d'alerte, alors que la décrue de l'épidémie "se confirme jour après jour" a même insisté Gabriel Attal. 

"Il a vocation à disparaître"

Mais alors, comment expliquer ce revirement, ou du moins, ce statu quo?

Le gouvernement joue en réalité la temporisation, et veut se rassurer un peu plus avec les prochains chiffres, par exemple du nombre de patients à l'hôpital. 

"On n’est pas des fétichistes du pass sanitaire, il a vocation à un moment à disparaitre" glisse un proche de l'exécutif. "On ne s'est pas décidé cette semaine, ça ne veut pas dire qu'on ne le fera pas la semaine prochaine ou la suivante" continue ce conseiller à RMC.

En revanche aucune date n'est encore fixée pour un futur conseil de défense. 

Selon les chiffres publiés mardi par Santé Public France, la pression sur l'hôpital continue de baisser, avec 8.594 personnes hospitalisées pour le Covid-19, soit près d'un quart en moins depuis début septembre.

La France a enregistré depuis le début de l'épidémie 116.251 décès, dont 89.436 à l'hôpital, et 153 au cours des dernières 24 heures. 

Mais un redémarrage rapide de l'épidémie dans les semaines qui viennent est "très probable", a estimé Arnaud Fontanet, professeur à l'Institut Pasteur et membre du Conseil scientifique. "On s'attend à un redémarrage de l'épidémie à l'automne. D'abord parce que les conditions climatiques s'y prêteront, mais aussi parce qu'il reste un réservoir de non-vaccinés assez nombreux pour occasionner une poussée épidémique et mettre en tension l'hôpital", précise-t-il.

Garance Munoz avec Guillaume Descours