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Le "don de temps pour les autres" baisse en France: y a-t-il une crise du bénévolat?

Selon une étude, la proportion de Français qui donne du temps aux autres a fortement reculé depuis trois ans. Beaucoups de bénévoles ont en fait évoluer leur engagement.

La proportion de Français qui "donnent de leur temps pour les autres" au sein d'une association a reculé de 15% entre 2019 et 2022. Elle est passée de 24% à 20% en 2022. C’est ce que montre l’étude publiée tous les trois ans pour le compte de France Bénévolat et du réseau d'experts et d'universitaires "Recherches et solidarités".

En fait, la crise sanitaire a joué comme un révélateur. En 2020 et 2021, 27% des bénévoles ont cessé leur engagement. Pour des raisons parfois simplement administratives, comme la fermeture de leur association, mais aussi pour des raisons de lassitude ou de perte de vocation.

Néanmoins, une bonne partie de ces départs a été compensée par l'arrivée de nouveaux volontaires qui ont trouvé dans la pandémie une raison de s’engager, par solidarité pour donner de son temps.

Hausse du "télébénévolat"

On ne peut pas parler de crise du bénévolat, mais plutôt de mutation, avec des gens qui donnent peut-être individuellement moins de temps, mais qui ont plus de compétences puisque de plus en plus, la bonne volonté ne suffit plus.

Et puis il y a aussi ceux qui s’engagent dans le bénévolat en utilisant les nouvelles technologies. En effet, la pandémie a donné un coup d’accélérateur au télébénévolat pratiqué par 60% des bénévoles.

Praticable dans le soutien scolaire, l'accueil téléphonique, la comptabilité, la communication, ce type d'engagement est bien vécu "à condition qu'on ne perde pas de vue la convivialité". Il peut permettre à des personnes à mobilité réduite ou isolées en milieu rural, par exemple, de se sentir utiles également.

Emmanuel Lechypre