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Le prénom est-il être facteur d’intégration? Ca fait débat sur RMC

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Illustration - Capture d'écran RMC Découverte

Si les parents de la première génération d'immigrés donnent des noms rappelant leurs origines, cette tendance s'étiole souvent à partir de la troisième.

L’étude est l’une des rares enquêtes dites "ethniques" autorisées en France. Elle porte sur 3 générations d’immigrés. Des immigrés d’Europe du Sud (Italie, Espagne, Portugal) et des immigrés d’Afrique du Nord (pays du Maghreb). À leur arrivée en France, les parents de la première génération donnent des prénoms qui rappellent leurs origines à leurs enfants. José, Maria ou Antonio pour les Européens du Sud. Mohamed, Fatiha ou Abdelhak pour les Maghrébins. Mais ces enfants, nés en France, vont choisir des prénoms typiquement Français ou un prénom plus à la mode pour leurs propres enfants.

C'est le cas d'Aziz qui est né en France. Ses parents algériens lui ont choisi un prénom qui leur rappelaient leur culture. Mais lui a choisi d’appeler son fils Jérôme.

"Je n’ai pas voulu que mes enfants aient les mêmes soucis que moi"

"Je ne vois pas pour quelle raison à part l’exotisme j’aurai appelé mon fils Mohamed. Je n’ai pas voulu que mes enfants aient les mêmes soucis que moi parfois. On m’a souvent demandé pourquoi je m’appelais Aziz. Je pense que mon père m’a donné ce prénom par tradition, peut-être qu’il voulait retourner un jour en Algérie", estime-t-il.

Aujourd’hui encore, le prénom est source de discrimination. Notamment à l’embauche. La dernière grande campagne de testing conduite par le ministère du travail prouve qu’un tiers des entreprises testées se mettent hors la loi. Elles privilégient les CV en fonction des prénoms. Les prénoms maghrébins reçoivent 11% de réponses positives de moins que les autres. Voilà qui explique aussi l’évolution du choix des prénoms selon le sociologue Baptiste Coulmont, co-auteur de l’étude de l’Ined.

"Quand on regarde les différentes vagues d’immigration sur deux générations, on se rend compte que les petits-enfants d’immigrés portent des prénoms qui sont des prénoms moyens donnés en France. Pour les personnes originaires d'Afrique du nord, les prénoms ont tendance à rester à la seconde génération mais à la troisième génération on voit une majorité de petits enfants d'immigrés porter des prénoms comme Enzo ou Théo", explique-t-il.

Le cas Zidane

Les chercheurs ont même trouvé un cas d’école : Zidane. Les deux parents de la légende du football, Smaïl et Malika sont Algériens. Ils appelleront leurs enfants Madjid, Farid, Noureddine, Lila et Zinédine. Les parents de la femme de Zinédine, Véronique, ont immigré d’Andalousie. Ensemble ils appelleront leurs fils Théo, Enzo, Lucas et Elyaz.

Des prénoms internationaux, en vogue, prisés par tous les Français, qu’ils soient issus de l’immigration ou pas. Aujourd’hui, il existe plus de 13.000 prénoms en France. La moitié des prénoms donnés sont typiquement français, l’autre moitié sont internationaux. Dans le Top 20, on retrouve aussi bien Alice, Léa, Jules et Louis qu’Inès, Léna, Ethan et Liam.

Bourdin Direct (avec G.D.)