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18 départements testent le RSA sous conditions en 2023: comment ça marche?

Dans 18 départements français, le versement du RSA, allocation pour les personnes sans emploi, va être conditionné à une activité en 2023. Ils devront justifier de 15 à 20h d'activité par semaine pour pouvoir toucher leur allocation.

Conditionner le versement du RSA à une activité, ça va devenir une réalité en cette année 2023. 18 départements et la métropole de Lyon ont été retenus pour expérimenter ce dispositif, qui était une promesse du candidat Macron.

L'idée, c’est que les bénéficiaires du RSA justifient de 15 à 20 heures d'activité chaque semaine pour bénéficier de leur allocation. En clair, le bénéficiaire n’est plus un simple allocataire, mais devient acteur de son rebond. L’idée n’est pas d’obtenir des heures de travail bénévoles de la part des allocataires, mais bien de remettre ces personnes dans de bonnes conditions pour retrouver un emploi.

Parmi les départements qui vont s’y mettre, le Loiret où réside Bolino. Cet Orléanais est au RSA, sans travail, depuis 8 ans. Il vit avec 598 euros tous les mois, une indemnité que cet ancien manutentionnaire redoute de perdre, car il n'y a pour lui, pas l'ombre d'une mission à l'horizon.

À la laverie d'à côté, Christelle, est au RSA, mais vient de cumuler une nouvelle activité, comme le voudrait le dispositif. “On désosse des palettes et on en fait des objets. Des cabanes pour oiseaux, des trucs comme ça”, explique-t-elle.

Objectif, remettre ces personnes sur le chemin de l'emploi

Trois journées par semaine, depuis décembre, elle travaille dans une association, pour 800 euros par mois. À 52 ans, elle retrouve sa fierté.

“Je suis contente de rentrer le soir, de raconter ma journée. C’est vachement important de dire ce qu’on a fait aujourd’hui, les collègues. D’ailleurs, ça fait bizarre de dire collègues”, s’amuse-t-elle.

Marc Gaudet, président du conseil départemental du Loiret, justifie cette initiative, de RSA sous conditions.

“On doit avoir beaucoup de bienveillance, les aider à se relever et l’idée, c’est vraiment de les remettre dans l’emploi. Donc, là, on doit être facilitateur, et surtout qu’il n’y ait pas de tracasserie administrative”, appuie-t-il.

Dans le Loiret, 16.000 bénéficiaires du RSA sont concernés par cette expérimentation, qui se mettra en place dans les prochains mois.

Alfred Aurenche avec Guillaume Descours