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Les gilets jaunes, c'est fini? "Macron n'a pas changé d'orientation, du coup les causes profondes sont toujours là"

Les éditorialistes Alexandre Devecchio (Le Figaro Vox) et Jonathan Bouchet-Petersen (Libération) sont revenus ce lundi matin sur la petite phrase d'Emmanuel Macron qui se veut prudent sur la fin du mouvement des "gilets jaunes".

Un nouveau ton pour le président de la République ? Critiqué pour son arrogance, Emmanuel Macron a évoqué avec un air humble le sujet des gilets jaunes ce weekend. "Je pense que ces six derniers mois, il y a plein de choses que je n’ai pas bien faites. Parfois il faut prendre le temps et avoir ces débats", a-t-il reconnu devant les journalistes et les vacanciers avant d'estimer que la "colère" n'avait pas totalement disparu.

Alexandre Devecchio confirme et estime qu'au delà de la forme sur le fond pas grand chose n'a changé et qu'effectivement le mouvement pourrait se poursuivre durant le quinquennat.

"Le mouvement pourrait renaître sous une forme ou une autre"

"Je suis persuadé que ce mouvement est lié à la déstabilisation globale créé par la globalisation, au fait que les gens ont l’impression de perdre du pouvoir d’achat, que le pays est vendu à la découpe, qu’il perd son savoir-faire. Ca ne se règle pas en deux minutes, mais Macron n’a pas fondamentalement changé d’orientation, et du coup les causes profondes sont toujours là. Et le mouvement pourrait renaître sous une forme ou une autre."

Jonathan Bouchet-Petersen estime que pour revoir un mouvement massif tel que l’on a connu “ça semble compromis” mais s’accorde à dire que les raisons de la colère n’ont pas disparu.

"Il a contribué à faire renaître cette colère et la densifier plutôt qu’à l’apaiser"

"Les causes profondes sont effectivement là. Le président a pour le coup des mots prudents, il en a eu des plus provocants avec un peu de mépris, de morgue à l’égard de ce mouvement. 
Il y a un contresens d’Emmanuel Macron depuis le début, il nous explique qu’il connaît cette colère, qu’il l’a senti et que c’est même elle qui l’a amené au pouvoir. En revanche, aujourd’hui, après deux ans de quinquennat, on se rend compte qu’il a contribué à faire renaître cette colère et la densifier plutôt qu’à l’apaiser."
Bourdin direct