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Les livreurs de repas à domicile se mobilisent pour réclamer une meilleure rémunération

Ce lundi 24 octobre, les livreurs de repas à domicile se mobilisent dans plusieurs villes de France (Paris, Lille, Strasbourg, Angers...) à l'appel du syndicat Union-Indépendants de la CFDT. Parmi les revendications des manifestants, notamment, l’urgence d’obtenir une meilleure rémunération.

Avant la nouvelle journée de grève contre la vie chère prévue le 27 octobre prochain, à l’appel de la CGT, ce sont ce lundi les livreurs à domicile qui haussent le ton et se mobilisent en France. Des rassemblements sont prévus à Paris, Lille, Strasbourg ou encore Angers.

Essentiels pendant la pandémie pour assurer la livraison de repas, ces travailleurs, estimés à environ 70.000 sur le marché du travail selon des chiffres du syndicat Union-Indépendants (CFDT), se sentent aujourd’hui abandonnés par les plateformes en ligne.

En première ligne, c’est la question des salaires qui représente l’un des points de discorde majeurs entre les livreurs et les sites de livraison.

Auto-entrepreneurs, les livreurs ne sont pas réellement considérés comme des employés de ces plateformes. Et en moyenne, le chiffre d’affaires moyen d’un livreur pour une commande est estimé… à deux euros. Une somme jugée indécente par le délégué national d’Union-Indépendants, Fabian Tosolini.

“Un livreur aujourd’hui, quand il a terminé son mois, touche 350 à 400€ maximum, et il a fait énormément de commandes et d’heures sur le territoire. Aujourd’hui, ce n’est plus acceptable”, déplore Fabian Tosolini.

Des livreurs sans papiers montent aussi au front

Au-delà de la problématique salariale, les rassemblements de ce lundi porteront aussi sur le sort de 3.000 livreurs en situation irrégulière qui, depuis cet été, ne peuvent plus travailler. Pendant des mois, et au mépris de la loi, les plateformes n’ont pourtant pas eu de scrupules à laisser ces personnes exercer leur métier de livreur.

Mais aujourd’hui, alors qu’Uber Eats a récemment concédé avoir déconnecté environ 2.500 comptes de livreurs sans titre de séjour, il y aurait en tout près de 15.000 livreurs en situation irrégulière sur le sol français, selon le Collectif des Livreurs Autonomes de Plateformes (Clap 75).

Yaya, un Ivoirien arrivé en France en 2017, fait partie de ces livreurs ayant exercé pendant la pandémie et dont le compte a aujourd’hui été désactivé par la plateforme qui le faisait travailler.

“Ils se sont servis de nous en fait! J’ai travaillé pendant le Covid, au moment où c’était serré. On a servi des repas dans les immeubles les plus contaminés de ce pays, avec tous ces risques… Aujourd’hui on nous met à la poubelle, je ne comprends pas”, explique le livreur.

Yaya souhaite que son travail soit reconnu par l'Etat et lui permette d'obtenir un titre de séjour.

En attendant, ce mercredi 26 octobre, la première réunion entre plateformes et représentants des livreurs aura lieu. Ces questions de rémunération et de reconnaissance du travail effectué par ces livreurs de l’ombre seront sur la table des discussions.

Kévin Gasser (avec Alexis Lalemant)