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Les "Tournesols" visés par des écologistes: faut-il craindre une hausse de ce genre d'actes?

Deux militantes écologistes ont jeté de la soupe sur les "Tournesols", le tableau de Van Gogh, à Londres vendredi dernier. Elles ont plaidé non-coupable un tribunal. Mais pour "Les Grandes Gueules" sur RMC, ce type d'acte risque de se multiplier à l'avenir.

C’est une des images qui a marqué le début du week-end dernier. Deux jeunes femmes ont été filmées en train de lancer de la soupe sur la célèbre peinture du peintre Vincent Van Gogh, les “Tournesols”, exposée à la National Gallery de Londres. “Qu’est-ce qui a le plus de valeur, l’art ou la vie ?”, ont-elles notamment demandé.

Elles ont été arrêtées par la police londonienne pour dégradations. Le musée a indiqué que si le cadre a un peu souffert, le tableau, qui était derrière une vitre, n’a pas été endommagé par ce jet de soupe.

La vidéo, publiée sur les réseaux sociaux, a provoqué de nombreuses réactions, dont celle du journaliste et militant écologiste, Hugo Clément. “Ce ne sont pas des "militants écologistes", ce sont des imbéciles”, a-t-il écrit sur Twitter.

"Un risque de radicalisation de l’action militante écolo parce qu’elle n’est pas entendue"

Pourtant, selon Alex, membre du groupe Extinction Rebellion, ce type d’actes risque de se multiplier. “Il y a un risque de radicalisation de l’action militante écolo parce qu’elle n’est pas entendue par les instances”, explique-t-il ce lundi dans "Les Grandes Gueules" sur RMC et RMC Story.

Ces méthodes inquiètent notamment l’avocat Charles Consigny, qui y voit l’avènement d'un “facisme vert”. "Je crains évidemment un facisme vert. Je pense qu'on va bientôt tout nous interdire au nom de l’écologie. On nous a déjà supprimé, par exemple, des lignes d’avion intérieures, on éteint la Tour Eiffel la nuit, ce qui ne sert à rien pour le climat, sauf peut-être sur le plan symbolique. Mais je pense qu’on va aller, vers de plus en plus d’interdictions au nom de l’écologie", explique-t-il.

Un procès en décembre

Un avis que partage Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs. "Je m’inquiète beaucoup. Il y a une religion de la nature qui devient naissante. Cette idéologie extrêmement violente qui se met en place, ce n’est que le début de ce genre de choses. (...) Il faut absolument prendre des mesures contre ces personnes. S’il faut faire ce genre d’actes pour se faire remarquer, ça va donner beaucoup d’idées à beaucoup de monde. Donc je pense qu’on devrait moins faire voir ces deux personnes", juge-t-il.

Les deux militantes, Anna Holland, une jeune femme de 20 ans originaire de Newcastle, et Phoebe Plummer, 21 ans, originaire du sud de la capitale, ont comparu samedi devant un tribunal londonien. Elles ont plaidé non coupable. Le juge les a remises en liberté à la condition qu'elles n'entrent dans aucun musée ni galerie, et n'utilisent plus de peinture ou de substance adhésive dans l'espace public. Leur procès est fixé au 13 décembre.

Guillaume Descours