RMC

Lutte contre les séparatismes: "On a peur de stigmatiser les Musulmans, il est pourtant clair que l’islamisme n’est pas l’Islam"

Ce vendredi, Emmanuel Macron doit présenter son plan d’action contre les séparatismes. Des propositions qui doivent ensuite accoucher d'un projet de loi.

Plusieurs mesures vont être proposées ce vendredi dans le cadre d'une lutte contre les séparatisme voulu par Emmanuel Macron. Les certificats de virginité ou les salles de prière dans certaines entreprises de transport doivent par exemple être interdites.

"J'ai vu la gauche abandonner ce combat"

Pour Jean-Pierre Obin, ancien inspecteur général de l’Éducation nationale et l'invité de la matinale d'RMC, "les choses (ont) régressé dans les établissements scolaires. Ça s’est aggravé".

"Je suis un homme de gauche et j’ai vu la gauche abandonner ce combat pour la laïcité qui est pourtant un combat historique pour elle, pour se diluer dans des idéologies identitaires, victimaires, humanitaires sans 'frontièristes', 'droit de l’hommiste' jusqu’à laisser l’extrême droite reprendre le flambeau de cette laïcité, ce qui est quand même pour le moins paradoxal".

"Entre 2004 et aujourd’hui, c’est toujours les mêmes signes que l’on voit"

Depuis plusieurs années, Jean-Pierre Obin alerte sur la dégradation de l’absence de frontière entre la religion et l’éducation scolaire. "Entre 2004 et aujourd’hui, c’est toujours les mêmes signes que l’on voit. C’est-à-dire, des atteintes à l’enseignement dans un certain nombre de disciplines", regrette-t-il au micro d’RMC.

"Il y a aussi des transgressions et des provocations qui touchent les règles de la vie scolaire. À la cantine par exemple, notamment à l’école primaire où des parents salafistes demandent à un maire d’une commune dont je ne dirais pas le nom de séparer la viande et les légumes de telle façon que les enfants salafistes ne puisse pas avoir la sauce de la viande non halal qui vienne souiller les légumes. La demande était donc de contrôler le contenu des assiettes par les personnels municipaux".

"La réaction du maire était emblématique de l’ambiguïté de la complaisance des maires", poursuit-il: "il a expliqué que les parents étaient vegan. Je pense qu’il n’a pas assumé car il a honte. Il a conscience de sa propre indignité d’élu. Et les conseillers municipaux ont très bien réagi et ont refuser cette demande".

"Il est clair que l’islamisme n’est pas l’Islam"

Jean-Pierre Obin pointe du doigt le flou entretenu par Emmanuel Macron.

"On n’a pas le courage d’appeler un chat, un chat. On a peur de stigmatiser les musulmans. Il est clair que l’islamisme n’est pas l’Islam, ce n’est pas une religion, c’est une idéologie politique et un projet politique qui doivent être combattu politiquement".

"Refuser de dire islamisme et dire islam politique c’est aggraver les choses. Car dire Islam politique veut dire que les dérives viennent de l’Islam".

Maxime Trouleau