RMC

Manifestations interdites, black blocks et véhicules blindés: à quoi faut-il s'attendre pour le 23ème samedi de mobilisation?

Les autorités s'attendent notamment à un retour de manifestants violents lors de l'acte 23 à Paris samedi. Entre 4500 et 5000 membres des forces de l'ordre seront déployés dans la capitale.

Pas de pause pour les "gilets jaunes". Malgré l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris qui a occupé une majeure partie de l’actualité cette semaine, ils veulent de nouveau descendre dans les rues samedi pour le 23e samedi de mobilisation

Paris sera encore une fois un lieu de convergence pour les "gilets jaunes". Sur les réseaux sociaux, cet acte 23 porte le nom "d’ultimatum 2 pour le gouvernement". Le premier épisode, le 16 mars dernier, avait été marqué par des scènes de chaos, notamment sur les Champs-Elysées où plusieurs commerces, restaurants et kiosques à journaux avaient été dégradés.

"C’est important de montrer au gouvernement que toutes les régions sont capables de monter vers la capitale. Dans ma commune, on est une soixantaine. Aujourd’hui après cinq mois, on est vraiment prêt à tout. On est prêt à braver les interdictions quand il y a une manifestation qui est interdite. Moi, je ne vais pas le faire, mais on s’attend à de la violence. Parce que forcément quand toute la France monte à Paris, forcément ce n’est pas que pour marcher tranquillement", affirme Tristan Lozach, porte-parole des "gilets jaunes" de Saint-Brieuc. 

Lors d'une conférence de presse vendredi, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a indiqué des "casseurs" se mêleront de nouveau aux manifestants.

"Les casseurs seront à nouveau au rendez-vous demain: Toulouse, Montpellier, Bordeaux et tout particulièrement à Paris", a-t-il dit.

Ainsi, "Plus de 60.000 policiers et gendarmes seront mobilisés dans toute la France pour accomplir leur mission: assurer la sécurité des Français et garantir la liberté de manifester sans danger" selon le ministre de l'Intérieur.

Selon lui, les "casseurs se sont à nouveau donné rendez-vous demain, dans certains villes de France, à Toulouse, à Montpellier, à Bordeaux et en particulier à Paris". "Leur objectif affiché est clair: reproduire le 16 mars", a poursuivi le ministre en référence à l'acte 20 des "gilets jaunes", pendant lequel les Champs-Elysées avaient été l'objet de saccages et de scènes de chaos, entraînant le limogeage du préfet de police de Paris.

Important dispositif de sécurité à Paris

Pour des raisons de sécurité, la préfecture de police a indiqué que les manifestations seraient interdites sur les Champs-Elysées ainsi qu’aux abords de Notre-Dame de Paris. En effet, les autorités redoutent fortement le retour de manifestants violents et notamment de black blocks. Le dispositif de sécurité qui sera déployé samedi sera donc encore une fois très conséquent.

Le préfet de police Didier Lallement a, lui, affirmé que les projets de rassemblement de "gilets jaunes" aux abords de Notre-Dame relevaient de la "pure provocation". 

Au total, 56 unités de forces mobiles, comprenant CRS et gendarmes mobiles, devraient être déployées ce samedi dans la capitale. Cela représente entre 4500 et 5000 hommes. Sans compter les effectifs de la préfecture de police de Paris dont notamment les unités anticasseurs et les effectifs de la BAC dont l'objectif est d'aller au contact et d'interpeller les fauteurs de troubles. 

Le dispositif qui se dessine est donc comparable à ceux déployés lors des importants samedis de rassemblement gilets jaunes avec aussi la présence de plusieurs canons à eau et très certainement de VBRG, les véhicules bleus blindés de la gendarmerie nationale. 

Nicolas Traino et Jean-Baptiste Bourgeon avec Guillaume Descours