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Manuel Valls: "On ne peut pas accepter qu’on fasse d’Yvan Colonna un héros, un martyr"

L'ancien Premier ministre Manuel Valls a répondu aux questions d'Apolline de Malherbe ce mardi sur RMC/BFMTV. Il est notamment revenu sur la situation en Corse après la mort d'Yvan Colonna à la suite d'une agression en prison.

L'ancien ministre de l'Intérieur et Premier ministre Manuel Valls était face à Apolline de Malherbe, ce mardi sur RMC et BFMTV. Il est revenu sur la situation en Corse au lendemain de la mort de l'indépendandiste Yvan Colonna. Condamné à perpétuité dans l'affaire de l'assassinat du préfet Erignac en 1998, il avait été agressé par un autre détenu à la prison d'Arles. Il était depuis dans le coma.

Le meurtre d'Yvan Colonna: "Il y a eu des erreurs, des dysfonctionnements, une faillite"

"On s’étonne que ce soit possible. On s’interroge sur le statut de ce djihadiste qui est très dangereux. On se demande pourquoi ces deux hommes ont pu se rencontrer. Il faut que les enquêtes en cours établissent les responsabilités. Le rôle de l’Etat et évidemment de l'administration pénitentiaire, c’est de protéger les détenus qui purgent leur peine de prison. Et donc, à l’évidence, il faut attendre les résultats de la mission d’enquête de la commission d’enquête administrative et aussi le travail de la justice, puisque le parquet anti-terroriste s’est saisi de l’enquête. Il y a eu des erreurs, des dysfonctionnements, une faillite."

Ni un héros, ni un martyr

"J’étais collaborateur de Lionel Jospin en 1998 et je me rappelle de ce 6 février quand on a annoncé au Premier ministre de l’époque, qui connaissait très bien le préfet Erignac, l’assassinat de ce dernier. Trois balles dans le dos. Et c’était la première fois qu’on tuait un préfet depuis la Libération. Donc je sais bien que la mémoire et l’actualité effacent tout, mais on ne peut pas oublier qu’on a assassiné un homme et le symbole de l’Etat, Claude Erignac. Donc on ne peut pas accepter qu’on fasse d’Yvan Colonna un héros, un martyr. C’est insupportable en tant que Français qu’un terroriste qui a tué un préfet puisse être érigé en héros."

La proposition sur l'autonomie: "Il ne peut pas y avoir de peuple corse"

"Gérald Darmanin a eu raison de se rendre sur l’île et de discuter pour apaiser. Après, je ne sais pas trop ce que signifie le mot autonomie. Il y a des lignes rouges. Il ne peut pas y avoir de peuple corse. Il n’y a qu’un seul peuple, le peuple français. Il ne peut pas y avoir de co-officialité de la langue, mettre au même niveau le corse et le français. Il n’y a qu’une seule langue, c’est le français. Il ne peut pas y avoir deux statuts de résidents puisqu’il n’y a pas deux types de Français. Elles sont là, les lignes rouges."

"Plutôt une comparaison entre Samuel Paty et Claude Erignac"

“Samuel Paty, c’est la figure de ce que la République est. D’une certaine manière, s'il y a une comparaison à faire, c'est plutôt entre Samuel Paty et Claude Erignac. Un préfet et Samuel Paty, ce sont des visages de la République."

Guillaume Descours