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"Moralement, c'est beaucoup": leur enfant meurt, ils clôturent son livret A et se font prélever 138€

Après le décès de son fils de 8 ans, Elodie a dû payer des frais bancaires, des droits de succession, quand elle a clôturé le compte de son enfant. Légal mais immoral selon les associations qui veulent faire évoluer la loi.

Choc et incompréhension à Mios en Gironde. Après le décès de leur enfant à l’âge de huit ans atteint d’un cancer, Elodie et son conjoint décident de clôturer le livret A de Léo. Problème: la banque leur prélève 138 euros de frais de succession. "Ca peut paraître dérisoire comme somme mais moralement et symboliquement, c’est beaucoup", confie Elodie au micro de RMC.

Ce sont des choses que des parents endeuillés ne devrait pas avoir à faire.

Elle décide alors de contacter son conseiller bancaire pour réclamer cet argent et obtient la promesse du remboursement. "Ce sont des choses que des parents endeuillés ne devraient pas avoir à faire", estime encore Elodie.

En réalité, une association spécialisée sur le sujet des droits bancaires explique que dans ce cas précis, la banque agit dans le cadre d'un contrat et donc dans la légalité. Les frais de succession sont illégaux lorsque la personne qui reçoit l'argent de la succession n'est pas cliente de la banque qui prélève les frais. Ce qui n'est pas le cas lorsque des parents ouvrent un compte pour leur enfant.

"D’une violence incroyable"

Pour cette famille, soutenue par l’association "Eva pour la Vie" qui se bat pour interdire cette pratique bancaire, cela reste malgré tout immoral.

"C’est quelque chose d’une violence incroyable. Il est important qu’on légifère là-dessus. C’est facile à faire, il suffit d’une circulaire et d’un décret qui disent que lors de la fermeture d’un livret A suite au décès d’un enfant mineur, aucun établissement bancaire ne puisse ponctionner le compte de l’enfant", plaide Corinne Vedrenne, présidente de l’association.

Elle a d’ailleurs lancé une enquête nationale pour recenser le nombre de familles concernées par ce problème et a déjà reçu plusieurs dizaines d’appels.

Florian Chevallay