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Nous espérons que le dispositif va les dissuader: l'inquiétude des forces de l'ordre face à l'Acte 4 des gilets jaunes

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A Paris la préfecture veut identifier le plus tôt possible les casseurs pour éviter tout incident. Le procureur de Paris a pris des réquisitions afin de permettre aux forces de l'ordre de procéder à des vérifications préventives.

Ouverture des sacs, fouilles des effets personnels et contrôles autour de tous les lieux sensibles de la capitale: gares, places, boulevards ou monuments, autant de lieux autour desquels la sécurité sera renforcée ce samedi à Paris.

L'objectif est d'abord de saisir les armes ou objets pouvant servir à des violences. Puis à interpeller toute personne venue pour s'en prendre aux forces de l'ordre ou pour casser. L'objectif de ces contrôles préventifs est aussi de vérifier les identités afin que les individus interdits de paraître à Paris ne reviennent pas manifester aujourd'hui dans la capitale.

Gérer jusqu'à 800 gardes à vue simultanées 

La semaine dernière les forces de l'ordre ont placé plus de 380 personnes en gardes à vue. Il y a eu 226 déferrements et une centaine de comparutions immédiates. Ce weekend tout est prêt pour faire face à une nouvelle grosse vague d'interpellations.

La préfecture de police de Paris s’est organisée pour pouvoir gérer jusqu'à 800 garde à vue simultanées. Trois commissariats parisiens seront dédiés aux gardes à vue classiques, tous les autres accueilleront les personnes interpellées lors de la manifestation des "gilets jaunes".

Comme la semaine dernière le parquet de Paris a lui aussi mis en place un dispositif spécial. En plus de la permanence habituelle, des magistrats et greffiers se tiennent prêt à renforcer les effectifs pour faire face à un afflux massif de procédures. Le nombre de magistrats pourrait être ainsi doublé voire triplé en fonction du nombre de garde à vue explique le parquet. Pour se faire une idée, la semaine dernière pas moins d'une dizaine de magistrats ont été appelés en renfort.

"On a des appels au meurtre, des menaces qui sont lancés sur les réseaux sociaux"

Pour Christophe Rouget commandant de police, secrétaire général adjoint du Syndicat des cadres de la Sécurité Intérieur SCSI, le dispositif mis en place est au point mais il y a beaucoup d'inquiétude de la part des forces de l'ordre sur l'intensité des violences.

"Inquiétude parce qu’on a des appels au meurtre, des menaces qui sont lancés sur les réseaux sociaux mais le dispositif aujourd'hui il va changer. On aura un peu plus de matériel, plus de personnels. Mais ce qui est compliqué c’est qu’on est sur un système hybride entre le maintien de l’ordre et les violences urbaines. Effectivement on va donc avoir des gens qui seront plus mobiles et on va aller sans doute au contact pour interpeller avec des officiers de police judiciaire. Malheureusement, le contact risque d’occasionner des blessés. Nous espérons que ce dispositif va dissuader certains individus de venir manifester sur Paris".
Jean-Baptiste Bourgeon (avec C.P.)