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Ouverture d'un centre d'accueil pour mineurs isolés: "On va essayer de les mettre à l'abri petit à petit"

Un centre d'accueil pour mineurs non accompagnés ouvre ses portes à Pantin (Seine-Saint-Denis) ce mardi. Cet établissement leur offre un point de chute, et doit les aider à trouver leur voie dans un dispositif complexe.

Son objectif: venir en aide aux centaines de mineurs isolés qui sillonnent les rues d'Ile-de-France. L'ONG Médecins sans Frontières, épaulée par d'autres associations, inaugure ce mardi un nouveau centre d'accueil à Pantin (Seine-Saint-Denis), alors que le nombre total de migrants mineurs non accompagnés pourrait atteindre 25.000 cette année en France (contre 13.000 l'an passé).

"Certains vont développer des troubles psychologiques avérés"

Cet établissement de 600 m² flambant neuf doit accueillir chaque jour 200 jeunes, qui pourront bénéficier d'aides juridiques, sociales et médicales.

"Il y des livres, des canapés pour se reposer”, explique Corinne Douay, coordinatrice de projet pour Médecins sans Frontières. "Quand ils arrivent ici, ils peuvent aller en consultation.”

Ils seront entre autres suivis par Mélanie Kerloc'h, psychologue du centre:

“Un certain nombre d’entre eux a été exposé à des violences graves. Certains vont développer des troubles psychologiques avérés, qui vont mettre en difficulté leur parcours d’intégration", considère-t-elle.

“On se doit de les traiter au bénéfice du doute"

Avant de leur apporter ces aides, le personnel du centre aura pour mission de vérifier que les entrants sont bien mineurs. Si cette évaluation de l'âge est contestée par certaines associations, elle est toutefois cruciale dans leur orientation, puisque les mineurs sont pris en charge par l'aide sociale à l'enfance, alors que les adultes le sont par le droit commun.

Mais pour Corinne Torre, directrice de mission chez Médecins sans Frontières, pas question de tirer des conclusions à la hâte:

“On se doit de les traiter au bénéfice du doute et non pas à charge. Il faut les mettre dans un environnement stable et les évaluer sur du long terme", juge-t-elle.

Seul regret pour l'association, le centre d'accueil est dit "de jour", ce qui signifie qu'il ne pourra pas rester ouvert la nuit. Pour pallier ce bémol, Médecins sans Frontières travaille avec d'autres associations, dans le but de proposer un accueil chez des particuliers bénévoles hors des horaires d'ouvertures. 

"A 17 heures nous allons fermer les portes et les mettre dehors. Même MSF ne peut pas tout faire, ce n’est pas possible, et il faut accepter ça. Petit à petit on va essayer de les mettre à l’abri”, espère Corinne Torre.
Thomas Chupin avec Céline Penicaud