RMC

Panne des numéros d'urgence: qui est Stéphane Richard, PDG d'Orange, au coeur de la polémique?

LE PORTRAIT DE POINCA - Semaine maudite pour le PDG d'Orange entre le procès Tapie et la panne géante des numéros d'urgence.

Stéphane Richard est le président d’Orange. Un PDG dans la tourmente. C’est peu de le dire. Stéphane Richard dirige une entreprise qui vient de vivre un cauchemar. La panne de six centres simultanément, et les appels vers les centres d’urgences qui ne passent plus, des morts à la clé. Le pire qui puisse arriver.

En bon communiquant le PDG est allé présenter ses excuses au 13 heures de TF1 jeudi. Auparavant, il était passé place Beauvau pour se faire engueuler par le ministre de l'Intérieur. Mais juste avant encore il avait pris un autre coup de bambou sur la tête.

Semaine maudite

Mercredi, c’était le réquisitoire dans le procès en appel de l’affaire Tapie. Stéphane Richard est jugé pour détournement de fonds publics. On lui reproche d’avoir participé au versement par l'État de 400 millions d’euros à Bernard Tapie lorsqu’il était directeur de cabinet au ministère de l’Economie.

Et le procureur mercredi a requis un an de prison ferme contre Stéphane Richard. Quelques heures seulement avant la grande panne. Ça fait beaucoup pour un seul homme.

Il a alterné comme personne le public et le privé

Un homme qui est un des symboles des élites françaises. HEC, ENA, inspecteur des finances, la crème de l’élite. Il a alterné comme personne le public et le privé. Les cabinets de DSK, de Jean Louis Borloo et de Christine Lagarde à Bercy pour le public. Et dans le privée, la générale des eaux, nexity, Véolia puis France télécom qu’il dirige depuis 10 ans. France télécom qui a entretemps changé de nom, c’est désormais Orange. 

Stéphane Richard a la réputation d'être un peu dandy, un peu dilettante, mais c’est une image qu’il se donne, il travaille en réalité 18 heures par jour, week-end compris. Ce qui est bien le moins quand on est le patron de 140.000 salariés dans le monde dont 80.000 en France.

Politiquement, il vient de la gauche rocardienne, mais il s’est très bien entendu avec Nicolas Sarkozy. Ce serait un sarkozyste de gauche. Qui a aussi pris des positions contre le Front national.

À presque 60 ans, sa carrière lui a permis d'amasser une jolie fortune qu’il estime à “quelques” dizaines de millions d’euros. Ce qui est pas mal pour ce protestant, petit-fils d’un berger des Cévennes.

>>> A LIRE AUSSI - Panne des numéros d'urgence: mais que s'est-il vraiment passé?

Nicolas Poincaré (avec J.A.)