RMC

Placement financier, Notre-Dame... et des vaches à lait: l'imagination sans limite des arnaqueurs sur Internet et par téléphone

Les arnaques au téléphone et par Internet deviennent de plus en plus importantes chaque année. Dernièrement, c'est l'arnaque à la vache qui fait rage.

Plus c'est gros, plus ça passe. Et si vous placiez votre argent dans un bovin plutôt que sur un livret d'épargne? Le site "Cheptel Epargne" vous ainsi promet un rendement 5 fois supérieur à celui du bon vieux Livret A en plaçant vos économies dans une Montbéliarde ou une Normande, ensuite louée à un éleveur. 

Si cela peut faire sourire, cette arnaque fonctionne pourtant belle et bien d'après nos confrères du Parisien: l'Autorité des marchés financiers a ainsi reçu une cinquantaine d'appels d'épargnants depuis janvier. Pour des pertes moyennes de 14.500 euros. 

Il faut dire que le procédé est bien rôdé: d'abord une pub sur les réseaux sociaux, ensuite un site internet irréprochable. On vous demande si vous voulez d'autres informations, vous n'avez qu'à entrer vos nom, prénom et numéro de téléphone. 

500 euros pour Notre-Dame

Le harcèlement téléphonique commence: face à tant d'insistance et de savoir-faire, vous finissez par envoyer de l'argent sur un compte à l'étranger.

Les escrocs jouent également sur la tendance du bio, et de l'agriculture responsable avec l'aide d'un autre site frauduleux, "France Bovins". Sur leur logo, trois mots lourds de sens: "Liberté, Egalité, Vache à lait". 

Même Notre-Dame a été victime d'escroqueries. Des particuliers contactés par téléphone ou mail pour faire un don après l'incendie de la cathédrale sur un site frauduleux là encore. On peut y faire jusqu'à 500 euros de dons.

Pas facile de déceler l'arnaque même si la vraie Fondation, qui a porté plainte, l'assure: "Nous ne faisons jamais de relances par mail, courrier ou téléphone". C'est d'ailleurs la première fois que l'institution est touchée par une escroquerie.

Comment repérer les arnaques?

La police va lancer une nouvelle application dans quelques mois. Son nom: Thésée, pour "Traitement Harmonisé des Enquêtes et Signalements pour les E-Escroqueries". Elle sera accessible depuis le portail ­Service-public.fr, où vous pourrez également déposer plainte en ligne directement. 

L'outil doit permettre aux services de lutte contre la cybercriminalité de mieux répertorier les arnaques et de les recouper.

Sont concernés le piratage de boîte mail, le chantage en ligne, les escroqueries aux petites annonces et donc, les fraudes liées aux faux sites de vente.

D'ici sa mise en place, vous pouvez toujours contacter la plateforme "Info escroquerie". Elle a reçu près de 30 000 appels en 2017, soit 25 % de plus que l'année précédente.

Anaïs Bouitcha avec Xavier Allain