RMC

Pour faire barrage à Marine Le Pen sans soutenir Emmanuel Macron, ils proposent de voter après 17h

-

- - AFP

C’est une pétition qui a recueilli plus de 50.000 soutiens en quelques jours. Lancée par deux trentenaires sous le nom de #EntendsMaVoix, elle propose d’aller voter après 17h dimanche pour le 2e tour de l’élection présidentielle. Le but? Marquer leur désaccord avec Emmanuel Macron tout en faisant barrage à l’extrême droite en ayant une influence sur les chiffres de l’abstention.

Ben, professeur d’histoire (30 ans) et Lou, ingénieur (30 ans), ont lancé la pétition #EntendsMaVoix.

"L’idée, c’est d‘utiliser les chiffres de la participation donnés par le ministère de l’Intérieur, qui sont officiels à 12h et 17h. Pour faire entendre la voix de ceux qui ne veulent pas soutenir Macron mais qui voteront pour lui, en se rendant dans les bureaux de vote après 17h. Si on se rend compte que la participation est très faible dimanche au cours de la journée, ça permet de quantifier ce que tout le monde sait: il y a beaucoup de gens qui vont voter pour faire barrage au FN.

Évidemment, on ne se fait pas d’illusions sur le fait que ça ne va pas complètement bouleverser le résultat. Mais on trouve que c’est une bonne idée et il se trouve qu’on est nombreux à la partager. Il y a une vraie frustration de se sentir récupéré, de donner un chèque en blanc à Emmanuel Macron. Après le 1er tour, il a expliqué qu’il voulait un vote d’adhésion. On a peur que la lecture du résultat devienne: 'voilà, il a réussi à convaincre'. On veut éviter que ce résultat qui joue sur la volonté de faire barrage au FN serve un autre intérêt. Celui d’un candidat qui ne nous correspond pas. 

Avant même les résultats du 1er tour, il y avait des discussions sur ce qu’on ferait en cas de second tour Macron-Le Pen. Ces débats sont devenus très violents après le 1er tour. Une sorte d’hystérie s’est emparée de tout le monde. Il n’y a pas eu de place pour l’échange, c’était plutôt "il faut faire ça, sinon vous êtes un danger!", "non c’est vous le danger". Cela a été dur à vivre.

"Avec un vote blanc, ma voix serait entendue"

Si on pouvait comptabiliser le vote blanc, on n’aurait pas besoin de faire des actions de ce type. Avec un système où les résultats finaux donnent le pourcentage non pas des suffrages exprimés mais ceux sur tous les votants, là j’irai voter blanc. Ma voix serait entendue parce qu’elle serait comptabilisée. Et cela contesterait beaucoup plus la légitimité, c’est sûr.

Je ne suis pas militant, je ne suis engagé dans aucun parti. Je ne savais vraiment pas quoi faire, et cette solution m’apporte un peu d’espoir. C’est rare en ce moment d’offrir une solution positive, constructive. Les gens qui sont sur le vote blanc ou l’abstention peuvent se retrouver sur le projet. J’imagine que si la participation à 12h ou à 17h est de 50% inférieure aux autres années, ça commencerait à faire parler. Surtout si au final l’abstention est normale après que les gens soient venus voter après 17h. Cela voudrait dire que notre initiative a plu à beaucoup de gens, et on serait super heureux".

Propos recueillis par Antoine Maes