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"Pour notre fils, les vacances, c'est la prison": le cauchemar d’une famille expulsée de Turquie

Jérémy et Davina sont partis en vacances en Turquie, avec leurs enfants, l'été dernier. Sauf qu'en arrivant, ils ont été arrêtés et interdits d'entrer sur le territoire avant d'être expulsés vers la France. Le couple est victime d'une usurpation d'identité par des terroristes partis faire le djihad en Syrie.

C'est une histoire est digne d’un roman d’espionnage. Pourtant, tout a commencé comme un film de vacances. Cet été, Jérémy, Davina et leurs enfants de deux et quatre ans partent en voyage en Turquie: 15 jours au bord de la Méditerranée, dans un joli complexe hôtelier, qu’ils ne verront jamais. En effet, à leur arrivée à l’aéroport d’Antalya, ils sont arrêtés par la police.

"Un interprète arrive et nous explique que Jérémy et moi avons une interdiction d'entrer sur le territoire turc et ils évoquent à trois reprises le mot terrorisme", explique Davina.

La jeune maman explique entrer dans cette pièce de 15 mètres carré, "sans fenêtre". "On se dit qu'on va juste y passer la nuit, le temps qu'ils fassent des investigations, et après on pourra regagner notre hôtel..." Mais en vérité, ils passeront deux jours et deux nuits, dans cette cellule de rétention, avant d’être renvoyés en France. A l’arrivée à Paris, ils sont libres de rentrer chez eux. Ils ne sont recherchés ni par la police française ni par Interpol.

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"Terrorisme"

Sur le document officiel remis par les autorités, il n’y a aucune précision. Mais pendant leur interrogatoire, les policiers turcs ont parlé de terrorisme et ont même demandé au couple s’il s’était déjà rendu en Irak ou en Syrie. C’est à ce moment-là que Davina a fait le lien. En 2015, lors du cambriolage de leur appartement, leurs passeports ont été dérobés. Ils avaient porté plainte à l’époque. Mais tout laisse à penser que leur identité a été usurpée par des terroristes partis faire le djihad en Syrie. Leurs enfants, eux, sont traumatisés par cette expérience.

"Le plus grand est marqué. Il nous dit clairement: 'Papa, maman, je n'aime pas les vacances', parce que pour lui, les vacances, c'est la prison en Turquie", explique Davina.

L’ambassadeur de Turquie en France a confirmé à RMC que Jérémy et Davina sont effectivement sur la liste des personnes interdites d’entrée sur leur territoire, dans le cadre de la lutte contre Daesh. Il nous précise que cette interdiction peut tout à fait être levée si les services de renseignements français transmettent les informations à leurs homologues turcs. L'équipe de RMC s'engage pour vous a transmis au ministère de l'Intérieur ces informations, qui nous a assuré mercredi soir, que "des échanges ont eu lieu entre les deux pays pour faire retirer Jérémy et Davina de la liste des personnes interdites d’entrer en Turquie". Mission accomplie !

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Amélie Rosique, Joanna Chabas, Nicolas Traino avec Maxime Martinez