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Prime exceptionnelle: les enseignants se sentent oubliés par Emmanuel Macron

Le président de la République a demandé aux patrons d'entreprise qui le peuvent de verser une prime de solidarité à leurs employés. Cependant, il n'a rien annoncé pour les fonctionnaires dont l'employeur est l'État.

Emmanuel Macron a fait des concessions. Hausse du SMIC, annulation de la hausse de la CSG pour certains retraités, prime de solidarité dans le privé … Si certains "gilets jaunes" ne sont pas convaincus par ces annonces, d’autres personnes se sentent simplement oubliées par le président de la République. 

C’est le cas des enseignants. Deux syndicats, la FSU et l’UNSA, demandent que les fonctionnaires soient également concernés par la prime exceptionnelle que pourront toucher certains salariés du secteur privé.

"Quand on gagne moins de 2000 euros aujourd’hui, oui, c’est sûr qu’au quotidien, c’est mieux qu’un smicard, mais le problème, c’est qu’on n’a pas assez d’argent pour partir en vacances. On fait juste le quotidien", confie Mathilde, enseignante en maternelle dans une école de Nanterre, dans les Hauts-de-Seine. 

"C'est le moment de revendiquer"

Cette professeure des écoles est prête à se mobiliser. "Je ne sais pas s’il fallait porter un ‘gilet jaune’ mais j’espère que ça va encourager les enseignants à se dire que nous aussi, c’est le moment de revendiquer", explique-t-elle.

"Il serait quand même malheureux" que l'Etat, "qui décide et qui demande aux entreprises de donner une prime à leurs employés", "comme patron-employeur, ne le fasse pas", a relevé Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, cinquième syndicat de la fonction publique, mais premier dans l'Education.

Pour elle, cela va renforcer le manque d’attractivité que connaît le métier d’enseignant. "J’ai redemandé au président de la République d’ouvrir des négociations dans la fonction publique. Je crois que le gouvernement ne peut plus tarder maintenant à ouvrir ces discussions", affirme-t-elle. Si ces négociations ne s’ouvrent pas, elle promet une mobilisation fin janvier de tous les agents du service public. 

Cécile Costes (Avec G.D)